
Des cheveux bruns, auburn, roux, blonds, dorés… et pourquoi pas argentés ? Accepter l’arrivée des premiers cheveux blancs est particulièrement difficile dans notre société qui glorifie la jeunesse. Surtout pour les femmes, dont le corps est commenté en place publique à chaque instant et où les rides, les traces de la maternité et de l’âge ne sont pas acceptés. Pourtant, les cheveux blancs peuvent arriver très tôt. En moyenne dès 35 ans pour les femmes caucasiennes, 40 ans pour les femmes asiatiques et 45 ans pour les cheveux de type crépu.
Les cheveux blancs sont souvent cachés durant de nombreuses années, créant du stress, une perte de temps et d’argent, ainsi qu’un manque de confiance en soi. Malgré tout, certaines femmes assument leur chevelure argentée. Nadia est l’une d’elles. Parfaitement maquillée, apprêtée, barrettes dans ses cheveux bouclés aux superbes reflets argentés, la jeune femme a décidé de "transitionner". "En décembre 2023, je vivais à l’île de La Réunion, et j’ai décidé de me lancer un nouveau défi : accepter mes cheveux blancs."
Si, aujourd’hui, la trentenaire semble assumer ce choix avec facilité, le chemin a été long et semé d’embûches. Accepter ses cheveux blancs est particulièrement complexe, outre le regard de la société. Après des années de colorations, il faut d’abord accepter les racines blanches. "Il y a plusieurs solutions : couper les cheveux très courts, décolorer quand c’est possible, ou laisser les cheveux blancs pousser naturellement, et cela prend du temps. Je ne pouvais pas décolorer, donc j’ai coupé légèrement et j’ai pris mon mal en patience. Ma coiffeuse de La Réunion m’a accompagnée. Il y a des hauts et des bas, il faut s’armer de patience, j’ai douté. Le parcours est complexe, car il te renvoie au vieillissement, à l’acceptation de soi dans une société où la beauté a une date de péremption."

Mais sa coiffeuse la soutient. Elle lui lance : "Tu vas inspirer les femmes." Une petite graine qui germera quelques années plus tard. Arrivée en Nouvelle-Calédonie, ses cheveux argentés prennent leur place. Sa personnalité forte et déterminée lui permet d’avancer un pas après l’autre.
Mais un jour, c’est trop dur. "Après ce long parcours, j’avais besoin de montrer que j’étais jeune, rigole Nadia. Je suis allée chez la coiffeuse à côté de chez moi, Océane. Elle m’a dit que ce serait du gâchis de les teindre, elle les a trouvés magnifiques, j’en ai pleuré. Ça a été le vrai déclic, je ne pouvais plus revenir en arrière."
Elles décident de faire germer la petite graine. "Je ne suis pas seule. Vous n’êtes pas seules. Avec Océane, nous avons envie de créer ce mouvement, un état d’esprit, pour trouver la place de ces femmes dans la société : nous sommes là, et nous sommes rayonnantes. Ne plus associer les cheveux gris à un âge, mais à un nuancier de couleurs. Le gris n’est pas une absence de couleur, mais une teinte à part entière."
Nadia et Océane mettent en place un mouvement, une association, "SilveR, The Real Beauty", pour offrir des exemples de femmes jeunes aux cheveux blancs. Si le chemin vers l’acceptation de la couleur naturelle de ses cheveux est un voyage laborieux, il est libérateur. "Celle qui embrasse cette phase ouvre une voie à un nouveau dialogue sur la beauté, la maturité et l’authenticité. Vieillir, c’est beau, c’est naturel, c’est sain."

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