
Des engagements concrets sur la lutte contre les discriminations liées au genre ou à l’orientation sexuelle. C’est la requête de Rainbowlution, association de soutien aux personnes LGBTQIA +, adressée aux 23 listes candidates aux élections provinciales du 28 juin.
Vendredi 19 juin, elle a publié sur ses réseaux sociaux un catalogue de propositions visant à bâtir une société "plus sûre et plus inclusive pour toutes et tous". "À l’approche du scrutin, c’était important pour nous de l’exprimer", explique Mégane Paul, cofondatrice et trésorière de Rainbowlution.
L’association, qui compte désormais plus de 100 adhérents et une quinzaine de bénévoles, espère ainsi faire émerger le débat dans la campagne, "sans pour autant être associé à un parti quelconque", tient à préciser Mégane Paul. "Cette question doit être un enjeu important quel que soit le camp politique."
Les propositions portent sur différentes thématiques, de l’égalité à la santé en passant par l’éducation et le soutien aux associations. Parmi les mesures phares, l’association défend la reconnaissance de la filiation pour les couples de femmes ayant recours à la procréation médicalement assistée (PMA), reconnue dans l’Hexagone, mais toujours absente du territoire. Une "injustice" sur laquelle Rainbowlution demande aux candidats de prendre position. Le document fait également mention d’une meilleure formation des professionnels de santé aux problématiques propres aux personnes LGBTQIA +, ainsi que des agents publics.
Le soutien aux associations, fragilisées ces dernières années, est aussi au cœur du combat porté par Rainbowlution. Outre des "subventions pérennes" et la mise à disposition de "locaux adaptés", "on aimerait avoir les moyens de créer des espaces dédiés à la communauté au sein de chaque province", dévoile Mégane Paul. Actuellement, l’association dispose seulement d’une permanence chaque premier mercredi du mois, de 16 heures à 19 heures. Insuffisant, selon sa trésorière. "Notre action est concentrée dans le Grand Nouméa, alors qu’on sait que beaucoup de personnes sont concernées en Brousse et dans les Îles, où c’est parfois compliqué au sein des familles."
À terme, "nous espérons que notre démarche sera les prémices à des discussions permettant d’évoquer plus en détail notre travail et les besoins des personnes LGBTQIA +, pour une meilleure inclusion et une vie plus sereine en Nouvelle-Calédonie".