
Deux mois après la mobilisation de l’Usoenc [1], le conflit entre le gouvernement et des syndicats autour de la nomination d’un nouveau directeur de la Cafat a repris. Jeudi 25 juin, quatre organisations syndicales (Usoenc, Cogetra, Force Ouvrière et La Fédé) ont adressé un courrier au président du gouvernement, Alcide Ponga, sollicitant en urgence une audience avant le 30 juin.
Comme en avril, elles exigent l’abandon de la procédure de recrutement [2] du successeur de Xavier Martin, actuel directeur de la Cafat, dénonçant une décision précipitée, alors que le conseil d’administration n’a pas encore statué sur cette nomination. "Cette exigence relève du bon sens", estiment les syndicats. D’autant qu’il n’y a pas urgence : le mandat de Xavier Martin court jusqu’au 31 décembre. "Rien ne justifie donc qu’une décision aussi stratégique soit prise dans les derniers jours d’un gouvernement en fin de mandat."
Si ce désaccord ressurgit, c’est en raison de la tentative avortée du gouvernement d’acter le recrutement du nouveau directeur, mercredi 24 juin, lors de la séance hebdomadaire. Or, à la suite de la mobilisation d’avril, il s’était engagé auprès des syndicats à attendre l’avis du conseil d’administration, que ce dernier n’a pas encore rendu – une réunion doit avoir lieu courant juillet. Le projet d’arrêté a été rejeté, mercredi, par une majorité de membres de l’exécutif, mais a été de nouveau inscrit à la séance du mercredi 1er juillet.
"Nous voterons de nouveau contre", a annoncé Petelo Sao, membre du gouvernement, dans un communiqué diffusé jeudi 25 juin. L’élu de l’Éveil océanien, opposé à ce recrutement, dénonce la méthode employée par l’exécutif et l’objectif politique derrière cette nomination. Cité par Petelo Sao, le rapport rédigé par le gouvernement confirme, outre l’absence de consultation du conseil d’administration de la Cafat, un manque de maîtrise du candidat pressenti – Thomas De Deckker, directeur général de l’OPT-NC.
Le document loue cependant sa "loyauté institutionnelle". Le probable prochain directeur de la Cafat serait un "véritable partenaire du gouvernement" et un "opérateur dévoué des politiques publiques". "Le critère affiché était l’expertise, le critère réel, la docilité", accuse Petelo Sao. Et d’ajouter : "La tutelle donne à l’exécutif le droit de contrôler la Cafat. Elle ne lui donne pas celui de se la confier à lui-même."
Les syndicats, qui mettent en garde le gouvernement contre les "conséquences qu’aurait un passage en force dans ce dossier", prévoient une nouvelle mobilisation, mercredi 1er juillet à 7h30, si l’exécutif n’accède pas à leurs demandes d’ici-là. Contacté, le gouvernement n’a pas souhaité réagir à ce stade.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/futur-directeur-de-la-cafat-le-bras-de-fer-continue-entre-le-gouvernement-et-les-syndicats
[2] https://www.lnc.nc/article/changement-a-la-direction-de-la-cafat-l-usoenc-denonce-l-absence-totale-de-transparence-sur-le-recrutement
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements