
L’incendie, maîtrisé par les pompiers intervenus sur place, s’est produit dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, aux alentours de minuit-une heure. Le feu a dégradé un bâtiment de la mairie de l’Île des Pins, qui se trouve à Vao, et touchée la pièce dédiée à l’état civil, selon une élue, membre de la majorité municipale. "C’est désolant", déplore la représentante.
Un expert, dépêché depuis Nouméa, est sur place, afin de déterminer les circonstances de l’incendie. Le maire, Régis Vendegou, ainsi qu’une partie du conseil se trouvent également sur les lieux. Une enquête judiciaire a été ouverte, indique le procureur de la République, Yves Dupas, dans un communiqué.
La procédure judiciaire porte sur la "destruction de biens par incendie, dégradations en réunion, violences volontaires sur des gendarmes avec arme et outrages". Selon le communiqué du procureur, les gendarmes, informés d’un feu ayant pris dans un des bâtiments de la mairie, auraient découvert, sur place, "la présence de cinq individus, qui tentaient d’éteindre un incendie déclaré dans un bureau jouxtant la salle du conseil municipal", des jeunes qui semblaient "fortement alcoolisés". Un mineur de 17 ans a été interpellé lors de leur fuite. Il se trouve actuellement en cellule de dégrisement, puis devrait, à sa sortie, être placé en garde à vue.
D’importants dégâts ont été relevés, indique Yves Dupas, citant de nombreux vitrages brisés par la projection de pierre, un bureau totalement détruit par le feu, ainsi que des traces de fumée ayant atteint la salle du conseil municipal utilisée comme bureau de vote. Le vol des deux drapeaux de la Nouvelle-Calédonie a également été constaté.
Le procureur indique aussi que, lors de l’intervention des gendarmes, assistés des mobiles, des individus "ont commis des violences sur les forces de l’ordre, en jetant de nombreuses pierres en leur direction". Conséquence, un gendarme souffre d’un traumatisme sonore, et l’évaluation de son préjudice corporel est en cours. Deux véhicules de service ont également été la cible de caillassages.
Si, selon Yves Dupas, le maire, Régis Vendegou (UNI-Palika), a envisagé dans un premier temps de procéder au nettoyage de la salle abîmée, où est censé se trouver le bureau de vote n° 1 (Kunié en compte deux), en vue du scrutin municipal qui se tient ce dimanche 28 juin, il a finalement été décidé, par mesure de sécurité, de le déplacer dans les locaux de la cantine municipale, à côté de l’église.
Cet incident, qui a touché des bâtiments publics, le gouvernement le condamne "avec la plus grande fermeté", dans un communiqué, ce samedi 27 juin. "La destruction d’un édifice public, en particulier d’une mairie, porte atteinte à un service essentiel de proximité, au bon fonctionnement des institutions locales et aux équipements collectifs au service de tous", s’insurge l’exécutif présidé par Alcide Ponga, qui exprime son soutien aux élus, aux agents de la commune, aux autorités coutumières ainsi qu’à la population, tous "particulièrement affectés par cet événement".