
Deux salles, deux ambiances. Si le QG de la liste tirée par Sonia Backès dans le Sud avait des airs de salle des fêtes [1] et résonnait des cris de joie des militants Loyalistes et Rassemblement, au local de l’Avenir, à Magenta, siège de l’Union calédonienne, la soirée était bien plus sobre.
Car la province Sud n’a pas basculé, comme l’auraient espéré les militants du FLNKS. Sans surprise, l’union des Loyalistes et du Rassemblement confirme très largement sa domination dans la principale collectivité du pays. Mais dans une assemblée où le seuil des 5 % nécessaire pour avoir une représentation a fait le tri, le Front estime avoir sauvé l’essentiel : une présence institutionnelle, derrière la liste "Kanaky pour tous", menée par Johanito Wamytan.

"Le FLNKS se maintient, à une différence près, le Palika ne fait pas partie de cette liste. Et aujourd’hui, le Palika disparaît de la province Sud au niveau institutionnel", analyse Laurie Humuni, secrétaire générale du RDO et sixième de la liste indépendantiste. Pour elle, ce résultat valide au moins une chose, le "nouveau front" reste installé dans l’institution, malgré la division du camp indépendantiste au départ de la campagne.
Si la soirée électorale a parfois été vécue dans la douleur à Magenta, elle n’est pas lue qu’à l’échelle de la province Sud. Dans le Nord, la liste UC-FLNKS conduite par Pascal Sawa devance celle de Paul Néaoutyine [2], sans pour autant lui laisser les mains totalement libres. "Il y a une volonté de changement, de renouvellement", estime Laurie Humuni, qui appelle désormais à "faire le pari de l’intelligence" entre les indépendantistes. Autrement dit, s’accorder pour que le tsunami loyaliste dans le Sud apparaisse comme une victoire en trompe-l’œil au Congrès, où les élus de Sonia Backès n’auront pas la majorité absolue.
Car le paysage va changer dans l’institution législative du pays. Calédonie ensemble disparaît et l’Éveil océanien confirme sa progression. "Tout l’enjeu va être de pouvoir être unis au Congrès", insiste Laurie Humuni, qui évoque déjà les discussions sur la présidence de l’institution et la composition du gouvernement. Des convergences existent selon elle, notamment sur les dossiers sociaux.
Reste une ombre sur ce scrutin : l’abstention. Après les municipales de mars, les Calédoniens, de nouveau appelés aux urnes, dans un contexte de lassitude politique et de regroupement des bureaux de vote dans l’agglomération, n’ont pas répondu présent pour ce scrutin pourtant crucial, avec seulement 63,7 % de participation. "Il y a peut-être un découragement, une déception, notamment chez les plus jeunes", reconnaît Laurie Humuni. Mais pour elle, le paysage politique issu des urnes est "confirmé" et "légitimé". La suite, désormais, se jouera dès le mois de juillet, autour de la table des discussions sur l’avenir institutionnel.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/sonia-backes-les-habitants-de-la-province-sud-ont-fait-le-choix-du-vote-utile
[2] https://www.lnc.nc/article/pascal-sawa-notre-victoire-traduit-une-volonte-de-changement-a-la-tete-province-nord
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements