
L’accord dit de "Nakamal" signé par les Premiers ministres australien Anthony Albanese et vanuatais Jotham Napat engage l’Australie à apporter un soutien économique accru au Vanuatu, dont le principal créancier extérieur est la Chine. "Cela permet à l’Australie d’avoir la certitude qu’il n’y aura pas de base militaire étrangère", a déclaré Anthony Albanese aux journalistes. "Nous avons conclu un accord équilibré qui protégera notre sécurité collective et individuelle ainsi que notre souveraineté", a-t-il ajouté.
Le Vanuatu se trouve au cœur d’une rivalité stratégique entre la Chine et les alliés des États-Unis dans le Pacifique Sud. La marine chinoise a effectué de nombreuses escales au Vanuatu.
Pékin a financé l’agrandissement d’un quai à Luganville, qui abritait autrefois la plus grande base militaire américaine du Pacifique Sud, ce qui a alimenté les craintes de Canberra et de Washington quant à la volonté de la Chine d’y établir une base navale.
La Chine et le Vanuatu avaient auparavant affirmé que ce quai était destiné aux navires de croisière.
Jotham Napat a indiqué, lors d’une conférence de presse après la signature de l’accord, que le parlement vanuatais avait fait adopter une loi "pour interdire toute militarisation de nos infrastructures critiques".
L’accord, consulté par l’AFP, prévoit que "pour renforcer la sécurité collective et la souveraineté du Pacifique, le Vanuatu n’autorisera pas que son territoire soit utilisé pour une base militaire ou une infrastructure étrangère". Il reconnaît également l’Australie comme "le partenaire principal et historique du Vanuatu en matière de maintien de l’ordre".
La Chine a noué des liens en matière de maintien de l’ordre avec le Vanuatu en 2023 et a fait don de matériel, notamment des drones, des bateaux de patrouille et des véhicules, à sa police. Ces dernières années, elle a fourni au Vanuatu des routes, des bâtiments administratifs et un nouveau palais pour le président du pays.
L’Australie s’efforce de resserrer ses liens avec les pays du Pacifique Sud en concluant des traités avec des Etats insulaires à la position stratégique. Le pays offre ainsi un soutien économique important à Tuvalu, Nauru et à la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour contrer les offres chinoises.