
En jouant la carte de l’union jusqu’en province Nord, les candidats Loyalistes-Le Rassemblement "espéraient avoir plus de sièges" que depuis 2019 au sein de l’hémicycle de Koné. Un pari raté. Pour autant, la tête de liste Vanessa Wacapo estime que dans cette province à majorité indépendantiste, recueillir près de 16 % des suffrages et donc conserver ses trois élus, est "un bon score", pour permettre un certain "contre-pouvoir".
Alors que l’UC-FLNKS de Pascal Sawa ne devance que de mille voix et d’un seul siège son adversaire de l’Uni Paul Néaoutyine, rien ne garantit à ce stade au maire de Houaïlou d’assurer la présidence de la province Nord, puisqu’il lui faut 12 voix. Or il n’en n’aura que dix de son camp. En clair, les Loyalistes, avec leurs trois sièges, pèseront lourd pour faire pencher la balance vers l’un ou l’autre des camps indépendantistes.
"À l’issue des résultats, on voit qu’il n’y a pas de majorité certaine. Comme certains ont eu plaisir à me le dire sans arrêt tout au long de la journée, on est les faiseurs de roi. Il faut donc que je puisse discuter avec notre groupe, pour décider si oui ou non, on sera les faiseurs de roi, glisse Vanessa Wacapo, qui s’apprêtait ce lundi soir, à rentrer en réunion. Des échanges dont la teneur devrait rester secrète puisque le groupe réserve sa stratégie lors du vote de la présidence, prévu ce vendredi 3 juillet.
Trois scénarios sont aujourd’hui sur la table : "Soit on respecte le choix électoral, on n’agit pas et donc ce sera Pascal Sawa, soit on décide de garder la stabilité*, soit on négocie des recommandations ou des projets au niveau de la gouvernance. Je ne sais pas du tout. C’est l’objet des discussions que l’on commence ce soir."
Toujours est-il, pour Vanessa Wacapo, quel que soit le nom du futur chef de l’assemblée de province, "le vrai vainqueur" de ce scrutin reste le taux d’abstention qui est "flagrant". Quand bien même au sein des quelques bastions loyalistes du Nord, comme Koumac, les électeurs ont globalement répondu présent. "De ce que j’ai pu entendre et comprendre, sur l’ensemble des bureaux de vote des communes, le taux d’abstention ne s’est pas fait sentir franchement vis-à-vis de nos électeurs parce qu’on a plutôt mobilisé l’ensemble de nos voix", avance la tête de liste, qui regrette néanmoins plus globalement que "les gens ne se mobilisent pas suffisamment alors que les enjeux sont importants."
Pascal Sawa : "Notre victoire traduit une volonté de changement à la tête de la province Nord" [1]
Quant à la bascule en province Nord d’une vote majoritaire qui passe de l’Uni à l’UC-FLNKS, Vanessa Wacapo juge bon de rappeler que l’écart, d’un millier de voix, entre les deux mouvements indépendantistes reste très serré. "Je dis simplement que tout le monde a pensé que Monsieur Néaoutyine serait fatigué ou qu’il arrêterait. Et connaissant la personne, il n’en est rien. Et il l’a démontré à travers les résultats qu’il a obtenus dans certaines communes." C’est le cas à Touho, Poindimié et Voh ou le leader de l’Uni a dépassé la barre des 50 % de suffrages exprimés. Dans ce contexte, les jours à venir devraient s’annoncer riches en tractations en province Nord.
*Ce qui implique de voter pour le maintien de Paul Néaoutyine, déjà aux manettes de la province depuis 27 ans.