
Parmi les 11 victimes du crash d’un avion près de Nancy dimanche 28 juin se trouvaient 5 moniteurs de parachutisme qui devaient accompagner les cinq autres passagers lors d’un saut en tandem, la 11e personne étant le pilote. Albéric Moulès était l’un des moniteurs.
Le trentenaire d’origine calédonienne, qui résidait en Charente, avait servi dans la Légion étrangère, été guide dans un lodge safari en Afrique du Sud et moniteur de plongée en Thaïlande. Il était devenu parachutiste professionnel "il y a deux ou trois ans", selon Pierre-Yves Eugène, directeur général de Vendée Évasion parachutisme, qui rend hommage à "un gentil boute-en-train".
Albéric Moulès lui-même proclamait sur sa page Facebook : "choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour". Un groupe a été créé sur le réseau social en sa mémoire et son honneur [1], "afin de rassembler toutes celles et ceux qui souhaitent rendre hommage à Albé, partager un souvenir, une émotion, une photo ou simplement une pensée". Depuis, des dizaines de personnes ont témoigné de leur lien avec le Calédonien, des clichés sur lequel le jeune homme plein de vie a toujours le sourire.
De nombreux messages ont également été reçus de la communauté parachutiste, notamment des "anciens" de Nouméa Skydive, est-il indiqué sur la page du groupe, Albéric Moulès s’étant formé là-bas jusqu’à devenir professionnel. "Ceci témoigne de l’impact qu’il a eu sur nos vies et de l’attachement que beaucoup lui portent." Les photos et vidéos partagées pourraient servir à réaliser un montage qui serait diffusé lors d’une cérémonie avec sa famille et ses amis.
Les autres moniteurs sont Davy Tellier, 53 ans, pompier professionnel au Luc-en-Provence et passionné de parachutisme ; Filip Kovacecic, 51 ans, parachutiste chevronné, qui comptait plus de 7 000 sauts à son actif, un homme "bienveillant, rigoureux" et "apprécié de tous" ; Pierre Graber, qui se définissait sur Facebook comme "parachutiste, musicien et aventurier de la vie", et Anthony Planchon, instructeur de parachutisme dans un club à Strasbourg, mais également pilote professionnel.
"Dans un premier temps on va gérer le deuil", puis les familles nécessiteront un accompagnement "psychologique et puis probablement juridique", car "ça va être un temps long avant d’arriver au procès", résume auprès de l’AFP Anne-Sophie Graviloff de l’association France Victimes, déployée sur place.
L’entreprise ayant organisé cette séance de parachutisme devra elle aussi être particulièrement accompagnée, car elle a "perdu six collègues sur une journée", observe-t-elle.

Quant aux familles, elles "ont vécu un drame absolu". D’autant que pour certains, les sauts programmés ce dimanche matin, "c’étaient des cadeaux de proches" : cela risque de générer une "culpabilité" pour ceux qui se diront "j’offre un cadeau à quelqu’un que j’aime, et en fait je le tue", résume Anne-Sophie Graviloff.
C’est notamment le cas d’un couple qui a offert un saut en parachute à sa fille pour ses 20 ans, souligne Hervé Ferron, le maire de Tomblaine – la ville proche de Nancy où a eu lieu l’accident -, lui-même "bouleversé" face à un drame "tellement injuste" et "brutal".
Parmi la population locale, beaucoup ont besoin "spontanément" d’exprimer leur soutien, car "tout le monde se dit que ça aurait pu nous arriver", souligne l’élu, qui proposera jeudi 2 juillet une minute de silence ou un temps de recueillement dans les établissements scolaires et les entreprises de la ville.
La carcasse de l’avion accidenté a été retirée lundi du lieu de l’accident. Selon la presse locale, un lycéen de 18 ans en Terminale, une étudiante en soins infirmiers de 20 ans, et un infirmier libéral exerçant à Nancy, Damien Giacovelli, comptaient parmi les victimes. Cynthia Vally, 48 ans, mariée et mère de famille, était cheffe de bloc opératoire dans une clinique privée de Nancy. Comptable dans une entreprise de la région, Youssef El Idrissi, 48 ans, avait été dans sa jeunesse joueur de volley-ball professionnel à Nancy. Il était aussi footballeur amateur et accompagnait régulièrement ses deux fils à leurs matches de basket, selon des détails communiqués lundi sur les réseaux sociaux.