
L’affaire a d’abord été révélée dans la presse par le quotidien Var matin, mardi 30 juin [1], et fait, depuis, couler beaucoup d’encre, du Sud de la France jusqu’aux confins du Pacifique. C’est dans ce contexte que le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland a apporté des précisions, mercredi 1er juillet, sur l’enquête en cours autour de la disparition de deux militaires océaniens.
Une mère et ses deux fils habitant dans le Var (Sud de l’Hexagone) ont été mis en examen fin mai pour le meurtre de deux soldats tahitien et calédonien depuis 2022 et 2023 et dont les ossements ont probablement été récemment retrouvés, annonce l’Agence France presse (AFP).
Ces trois personnes, tout comme le père et l’une des deux filles de cette même famille – originaire de Nouvelle-Calédonie pour la mère et Wallis-et-Futuna pour le père -, ont également été mises en examen le 29 mai des chefs de "traite d’êtres humains commise en bande organisée et de séquestrations de plusieurs personnes commises en bande organisée", annonce le procureur dans un communiqué. Tous les cinq ont été placés en détention provisoire. La plus jeune fille a, elle, été mise en examen uniquement pour "non-dénonciation de crimes" et placée sous contrôle judiciaire.
Le premier militaire, Jacques Pakeso, né en 1997 à Nouméa, n’avait plus donné signe de vie à sa famille depuis mai 2022, "depuis qu’il avait quitté la Nouvelle-Calédonie pour effectuer ses classes au sein de la Marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer, dans le Var", selon le parquet. Le second, Mike Gineste, né en 1988 à Papeete, était considéré comme déserteur par la Légion étrangère depuis le mois de mai 2023, "malgré d’excellents états de service et alors qu’il venait de renouveler son contrat". Sa famille n’avait plus aucune nouvelle de lui depuis cette époque.
Après plusieurs mois d’investigations, les enquêteurs ont orienté leurs recherches sur une famille originaire de Polynésie vivant dans le Var depuis de nombreuses années et qui avait hébergé ces deux disparus. Ce foyer avait déjà par le passé hébergé plusieurs autres jeunes militaires originaires d’Outre-Mer, entre 2011 et 2023. "Sept d’entre eux affirmaient avoir été progressivement dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d’identité, violentés et séquestrés", a précisé le procureur.
L’hypothèse du meurtre des deux soldats disparus a ensuite été confortée par plusieurs éléments, notamment la découverte dans les Bouches-du-Rhône, sur deux sites différents, d’ossements susceptibles de correspondre aux deux disparus. Des expertises approfondies sont toujours en cours pour identifier ces ossements. L’enquête se poursuit sous l’autorité d’un magistrat instructeur.