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En Polynésie, "l’objectif serait d’atteindre une génération sans tabac ni vapotage"
Alexandra Perrini / Radio 1 Tahiti | Crée le 02.07.2026 à 18h40 | Mis à jour le 02.07.2026 à 18h42

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La Polynésie française durcit sa loi contre le vapotage. Photo Radio 1 Tahiti
Interdiction des puffs à usage unique, prohibition des arômes "complexes"… Mercredi 1er juillet, sont entrées en vigueur de nouvelles mesures de la loi Tabac 2 adoptée en 2025 en Polynésie française. En janvier prochain, ce seront les terrasses de bars et certaines plages – hors espaces dédiés – où cigarettes et vapes seront interdites, rapporte notre partenaire Radio 1 Tahiti.

D’après les chiffres du Pays, cinq décès liés au tabac sont recensés chaque semaine en Polynésie. Un chiffre que le ministère de la Santé souhaite faire résonner comme un électrochoc, alors que de nouvelles restrictions sont entrées en vigueur mercredi 1er juillet, dans le cadre de la loi adoptée en août 2025, et promulguée en fin d’année. Les puffs – des cigarettes électroniques jetables – sont désormais interdites à la vente. Les arômes qui contiennent des mélanges tels que "pomme-fraise", "barbe à papa" ou "piña colada" sont également prohibés. Seuls les goûts uniques sont autorisés dans les magasins. "Plus il y a d’arômes, plus le risque pulmonaire est important", souligne Romain Bourdoncle, chef du Centre de prévention et de soins en addictologie.

Produits "marketés pour toucher la jeunesse"

L’addictologue rappelle que les puffs sont des produits "marketés pour attirer un public jeune, pour faire une clientèle de l’industrie du tabac". Les produits sont colorés et fruités "justement pour toucher cette population". "Le risque, c’est que plus on consomme tôt une substance addictive, plus on risque de devenir addict", insiste le médecin.

Les magasins doivent arrêter d’exposer ces produits. Des dérogations sont toutefois prévues pour les enseignes spécialisées, qui pourront continuer à présenter leurs produits à la vente, à condition d’interdire l’accès aux mineurs et d’occulter entièrement leurs vitrines afin que rien ne soit visible depuis l’extérieur. "Ces commerçants pourront poursuivre leur activité sous ces conditions jusqu’au 31 décembre, mais ils devront déposer une demande de dérogation", précise Catherine Colombet, juriste au ministère de la Santé.

Des Ces mesures qui visent à "mieux protéger les jeunes générations, diminuer l’exposition au tabac et aux produits du vapotage". "La lutte contre le tabac est un enjeu majeur de santé publique par rapport au taux de consommation, mais aussi à la précocité de la dépendance chez nos jeunes, qui peuvent laisser penser que les pathologies pulmonaires qui résultent de cette consommation, et même les cancers, pourraient augmenter dans les années à venir", indique la ministre de la Santé, Raihai Ansquer.

L’exemple néo-zélandais

Et cette prévention, elle commence chez le personnel médical. À l’hôpital, le pneumologue Éric Parrat plaide pour que les professionnels de santé "montrent l’exemple" en accompagnant la transformation progressive vers un établissement sans tabac. Le médecin espère à terme la fermeture des zones extérieures dédiées et évoque l’exemple néo-zélandais. La Nouvelle-Zélande a non seulement fait bondir le prix de ses paquets (entre 2 000 et 3 000 francs l’unité), mais a aussi interdit "à vie" la vente de cigarettes pour toutes les personnes nées après 2008. Il s’agit de réduire sous 10 ans de 50 % la consommation, et de devenir le premier pays entièrement "smoke free" de la planète.

"Imaginez si nous arrivions à réduire de moitié le tabagisme en Polynésie, cela représenterait des économies de santé phénoménales", se réjouit Éric Parrat. En août 2025, le ministère de la Santé évaluait les dépenses de la CPS pour traiter les maladies potentiellement liées au tabac (maladies cardiovasculaires et pulmonaires, tumeurs…) à environ 40 milliards de francs par an.

À partir du 1er janvier 2027, il sera également interdit de fumer sur les terrasses, sauf dans des espaces spécialement aménagés. Et certaines plages, désignées par arrêté après consultation des municipalités, devraient aussi être concernées.

Raihei Ansquer et la direction de la Santé rappellent que cette loi "n’est pas une finalité en soi", mais une "étape structurante", vers un cap plus ambitieux. "L’objectif serait d’atteindre progressivement une génération sans tabac ni vapotage."

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