
Une envie forte de revenir à la terre, comme beaucoup. Le fait de disposer d’une propriété familiale en bord de mer m’a permis d’entreprendre un projet de ferme aquacole avec ma femme. J’ai aussi repris le cheptel bovin de ma mère, qui n’était plus en mesure de s’en occuper. Mais le bétail seul, à cette époque, ce n’était pas rentable. Raison pour laquelle est né le projet aquacole.
Quand j’ai eu la volonté de me lancer dans l’aquaculture il y a bientôt un quart de siècle, le référent en Nouvelle-Calédonie était Daniel Tournier, qui possédait alors une ferme à Moindou. Celle-ci a été mon modèle pour notre développement. Notre ferme est alors devenue la 13e ferme aquacole du territoire et la première ferme familiale en province Nord, sachant que le territoire en compte 17 à l’heure actuelle.
Pouvoir vivre dignement de mon métier, tout en contribuant au développement de ma province, du pays et de la filière crevette.
Je pense que toute personne doit et devrait faire le métier qu’elle aime. Chaque jour, tu dois aller au travail, donc mieux vaut s’y rendre avec plaisir que de manière contrainte. J’ai eu cette chance de faire un métier que j’aime.
D’apprendre à aimer ce métier, de s’armer de courage et de ténacité. La transmission est une vraie préoccupation. Peut-être envisagerons-nous de vendre notre exploitation aux ouvriers qui travaillent avec nous depuis de longues années. C’est un schéma assez courant en Australie. Pour l’heure, je n’ai pas de solution familiale, comme c’est le cas pour une grande majorité des exploitants qui ont du foncier. Et il n’est pas possible de s’improviser aquaculteur.
Des obstacles, il y en a eu beaucoup, mais il ne faut jamais baisser les bras. Il faut se battre jusqu’au bout. Tout problème a sa solution.
J’ai travaillé une dizaine d’années dans une entreprise de chaudronnerie, dans le secteur minier.
Nous sommes partis de rien, ma femme et moi, mais nous sommes parvenus, à force de travail et de volonté, et avec l’aide de la province Nord, à monter et exploiter une ferme aquacole pérenne.
L’aquaculture devrait devenir un véritable enjeu de développement dans notre pays. Notre insularité et la géographie de notre territoire nous gratifient d’un formidable potentiel de développement. À l’heure actuelle, nous parvenons à produire environ 1 500 tonnes, mais les études les plus récentes nous accordent volontiers une capacité d’écoulement de 4 000 tonnes annuelles. À terme, ce secteur pourrait peser près de 1 500 emplois directs et indirects !
Je pense qu’elle est utile à toutes les professions du monde de la mer et de la terre. La chambre nous rassemble et nous représente. Et c’est essentiel.
J’ai des confrères pour lesquels leur pompe est un outil quasi sacré. Ce n’est pas mon cas. J’ai toujours fonctionné par étapes de construction, sans affection particulière. Quand je finis un projet, je passe à un autre.
Avec toutes les personnes qui ont la capacité et l’envie de nous écouter.
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