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France : Marine Le Pen candidate à la présidentielle malgré sa condamnation
Julien Mazzoni | Crée le 08.07.2026 à 07h26 | Mis à jour le 08.07.2026 à 07h26

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Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN. AFP - Christian Hartmann
Condamnée en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN, Marine Le Pen a annoncé mardi 7 juillet sa candidature à la présidentielle de 2027. La dirigeante d’extrême droite compte se pourvoir en cassation, ce qui suspendrait notamment l’exécution de sa peine d’un an ferme sous bracelet électronique.

Marine Le Pen a annoncé mardi 7 juillet sa candidature à l’élection présidentielle de mai 2027, malgré sa condamnation pour détournement de fonds européens, qu’elle entend contester devant la plus haute juridiction française. "Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle", a déclaré Marine Le Pen, quelques heures après l’arrêt de la Cour d’appel de Paris. "Comme j’ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation, ce qui n’était pas obligatoirement le cas des autres hypothèses, et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l’arrêt [de la Cour d’appel], je ferai donc campagne sans bracelet électronique", a expliqué sur la chaîne TF1 la dirigeante du Rassemblement national (RN), candidate pour la quatrième fois à la présidentielle. Donnée favorite par les sondages, Marine Le Pen, 57 ans, s’est dit convaincue d’avoir gain de cause auprès de cette dernière instance.

"Mains propres"

"J’ai les mains propres et […] je ferai un pourvoi en cassation pour le démontrer", a-t-elle insisté. "Il n’y a plus de scénario qui ferait que je ne pourrai pas me présenter", a-t-elle ajouté. La cour d’appel a déjà réduit sa peine d’inéligibilité de cinq ans, prononcée le 31 mars 2025, à quinze mois, lui permettant dès à présent de concourir à toute élection. Mais elle a aussi été condamnée à trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique.

Or, elle avait conditionné sa participation à la présidentielle à l’absence de condamnation au port d’un bracelet. "Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements, et ça n’est pas le cas si vous êtes porteur d’un bracelet électronique", avait-elle estimé mercredi sur la chaîne LCI.

Débarrassée au moins provisoirement de l’encombrant bracelet, elle a indiqué qu’avec Jordan Bardella, président du RN, elle allait dans la foulée démarrer cette campagne présidentielle avec un "ticket gagnant". Le trentenaire sera son Premier ministre en cas de victoire le 2 mai. "Nous avons offert aux Français un binôme, un binôme que je crois complémentaire, équilibré, cohérent, solide", a-t-elle commenté.

Marine Le Pen, qui a œuvré à "dédiaboliser" le parti d’extrême droite ces dernières décennies, s’est dite "heureuse qu’on rende aux Français leur liberté de choisir". Interrogée sur l’éventualité de voir sa peine confirmée en pleine campagne, elle a répondu : "Nous verrons."

"Délinquante"

Cette décision de justice était attendue par toute la classe politique française. Marine Le Pen s’est déjà hissée deux fois au deuxième tour des trois dernières élections présidentielles (2017 et 2022). Les scores du RN progressent depuis des années, et le parti est devenu en 2024 le groupe politique le plus nombreux à l’Assemblée nationale (122 députés). Les sondages la créditent de plus de 30 % d’intentions de vote au premier tour prévu le 18 avril.

La classe politique a immédiatement réagi, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, candidat déclaré à la présidentielle, estimant que Marine Le Pen devra "expliquer" son choix de se porter candidate. Le secrétaire général du parti Les Républicains, Othman Nasrou, l’a, lui, accusée de "prendre la démocratie en otage" et de "fragiliser les institutions" en décidant d’être candidate malgré sa condamnation.

À l’énoncé de la décision de la cour d’appel, le leader de gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, également candidat déclaré, a estimé qu’il fallait "débarrasser le pays du RN", "quelle que soit la candidature", Le Pen ou Bardella. Interrogé depuis la Syrie, le président Emmanuel Macron a refusé pour sa part de s’exprimer.

"Faits graves"

En première instance, le 31 mars 2025, Marine Le Pen avait été reconnue coupable d’avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un "système" pour payer avec de l’argent du Parlement européen des salariés du Front national (l’ancien nom du parti), qui traversait alors des difficultés financières.

Elle avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, 100 000 euros d’amende (environ 12 millions de francs) et surtout une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, brisant son élan vers la présidentielle.

Les faits reprochés sont "graves", car ils se sont déroulés "sur onze années" et "en regard du montant des sommes détournées, plus de 2,8 millions d’euros [un peu plus de 334 millions de francs]", a souligné mercredi la présidente de la cour d’appel. Mais les peines d’inéligibilité ont été pondérées par "la liberté des candidatures" et "le libre choix des électeurs", "condition de l’expression démocratique", a-t-elle ajouté.

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