
La fréquentation touristique progresse de 45 % au premier trimestre de cette année, entre janvier et mars, par rapport à celui de 2025. Soit 14 062 touristes en trois mois, selon les chiffres de l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee), ce qui représente 4 400 visiteurs en plus.
L’amorce d’une reprise ? Seulement en partie, car "l’affluence reste en deçà des niveaux enregistrés en 2023 et 2024, deux années qui figuraient parmi les meilleures performances touristiques de ces trente dernières années, avant que la dynamique ne soit brutalement interrompue par les exactions de mai 2024", relève l’Isee.

Ce rebond encore timide est notamment porté par le tourisme affinitaire, en hausse de 29 % par rapport à 2025, à savoir les clientèles métropolitaine, wallisienne ou polynésienne, qui restent "le principal soutien du secteur". En effet, deux touristes sur cinq viennent de l’Hexagone, et avec 2 400 visiteurs, la Nouvelle-Calédonie a retrouvé la quasi-totalité de sa clientèle wallisienne. Certes dans une moindre mesure, mais la fréquentation en provenance de Polynésie française "progresse fortement" en un an pour atteindre 650 touristes, soit 68 % de son niveau de 2023.

La reprise s’explique également par le retour progressif des clientèles australienne (+ 1 320 touristes en un an) et néo-zélandaise (+ 310), observe l’Isee, même si ces chiffres "restent encore très éloignés des niveaux atteints en 2023", car elles ne représentent respectivement que 37 % et 26 % de leur fréquentation d’avant-crise. "Le potentiel de reconquête de ces marchés traditionnellement présents sur le territoire reste donc important." La clientèle vanuataise est également en hausse.
En revanche, le nombre de visiteurs de Singapour et du Japon reste marginal, cette dernière étant quasi inexistante en comparaison aux années précédentes, souligne l’Institut de la statistique.

Le contexte local, outre ce qu’il s’est passé en 2024, n’aide sans doute pas, au vu des difficultés de déplacement à l’intérieur du territoire, notamment les perturbations des liaisons aériennes vers les Îles depuis le mois de mars, liées au conflit autour du déménagement d’Aircal de l’aérodrome de Magenta vers l’aéroport de Tontouta, mais aussi celles des liaisons maritimes (pannes à répétition du Betico 2), qui "constituent un frein important pour les touristes souhaitant découvrir la diversité de la Nouvelle-Calédonie", considère l’Isee.
En 2025, 58 421 touristes étaient venus sur le Caillou [1].

Si les arrivées par avion augmentent au premier trimestre, ce n’est pas le cas de celles par bateau. Entre janvier et mars, 29 paquebots ont accosté en Nouvelle-Calédonie, contre 34 à la même période en 2025, soit 5 de moins.
Le territoire a reçu 81 220 croisiéristes, dont 26 300 de moins qu’un an auparavant, ce qui représente -24 % par rapport à 2025. L’Institut de la statistique cette baisse sur les deux premiers mois de l’année, janvier et février. Mars, quant à lui, "fait exception, avec un nombre de croisiéristes qui dépasse légèrement celui enregistré le même mois en 2025".