
En 2025, les secteurs privé et public comptent 77 120 salariés, soit une diminution de 6 % par rapport à 2024, ce qui représente 4 900 postes de moins, indique la synthèse annuelle de l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee) sur l’emploi salarié. Certes, une baisse moins brutale qu’il y a deux ans, mais qui n’en reste pas moins importante. Car le volume global de l’emploi "retombe sous son niveau d’il y a 17 ans", "un point bas historique comparable à celui de 2008", poursuit l’Isee, constatant cependant, "après un niveau bas en début d’année, une stabilisation du niveau de l’emploi les trimestres suivants". La Nouvelle-Calédonie a perdu 13 200 emplois en deux ans.
Dans le public, qui déclare 21 230 salariés, soit -820 de moins (-4 %) en un an, ce sont surtout les postes de contractuels qui sont supprimés.
Concernant les effectifs permanents, le nombre de fonctionnaires d’État recule de 2 %, précise l’Isee, après avoir été stable en 2024, tandis que celui des fonctionnaires territoriaux se stabilise, alors qu’il avait augmenté en 2023 puis en 2024. Une traduction, selon le rapport, de l’adaptation des politiques publiques "face aux fortes contraintes budgétaires".
Avec 55 880 salariés, soit -4 050 par rapport à 2024 (-7 %), la crise touche encore profondément le secteur privé, même si ce recul "est deux fois moins important qu’il y a deux ans". Sont particulièrement concernés l’industrie (-11,8 %), en raison notamment des difficultés rencontrées par la filière nickel, la construction (-13 %), le commerce (-6 %), ainsi que les services (-4 %). L'emploi agricole perd 3 % de ses salariés.
L’Isee relève que le nombre de salariés cesse de diminuer pour se stabiliser à un niveau bas. Cela s’expliquerait par la baisse des débauches (-34 %), signe que "la phase de réduction d’effectifs engagée en 2024 s’estompe", souligne l’Institut de la statistique. Parallèlement, les embauchent stagnent, preuve de l’absence d’une dynamique de recrutements. La situation des entreprises reste en effet très fragile, détaille le rapport. Certes, les cessations reculent (-24 %) et les créations progressent (+ 21 %), mais les liquidations judiciaires également (+ 8 %). L’indicateur du climat des affaires, s’il se redresse, demeure inférieur aux niveaux de 2023. Il y a "9 140 employeurs privés en moyenne en 2025, soit 15 % de moins en deux ans. Cette diminution limite mécaniquement les perspectives de reprise du marché de l’emploi."
Le chômage partiel spécifique "exactions" et le dispositif exceptionnel de soutien à l’emploi ont, eux, concerné au total 5 845 personnes en 2025.
Le secteur a embauché 12 000 salariés l’an dernier (-1 610), ce qui "prolonge la forte contraction observée en 2024, après le point haut historique atteint en 2023". En deux ans, l’industrie a perdu un quart de ses effectifs et revient à un niveau comparable à celui de 2011, soit avant la mise en production de KNS et de l’usine du Sud. La métallurgie compte d’ailleurs 3 500 emplois en 2025, contre plus de 5 000 en 2023.
Dans un contexte de dégradation globale du secteur industriel, l’agroalimentaire (plats préparés, boulangerie, transformation de poissons) continue d’embaucher, "apportant un léger contrepoids".
Avec 29 520 salariés (-1 240), le secteur décroche et retrouve un niveau comparable à celui de 2010. Sont particulièrement affectées les activités de conseil pour affaires juridiques, d’ingénierie, de comptabilité et des sièges sociaux, ainsi que la santé et l’action sociale, et surtout le transport (-8 % des effectifs), qu’il soit terrestre, avec la réduction de la voilure des réseaux urbains et interurbains du Grand Nouméa, aérien (avec une perte de 80 salariés liée à l’arrêt de certaines liaisons domestiques), maritime (fermeture d’un opérateur de transport) et d’entreposage et de manutention portuaire.
Le secteur subit très fortement la crise depuis deux ans. Une chute brutale du nombre de salariés en 2024 (-21 %), puis une baisse de 13 % en 2025. En deux ans, la construction a perdu près d’un tiers de ses effectifs, ramenant l’emploi à son niveau le plus faible depuis 30 ans, avec un volume inférieur à celui de 1995, compare l’Isee.
Le commerce n’est pas épargné, avec une contraction de 6 % en 2025, ayant suivi un fort fléchissement de 13 % en 2024. Le volume d’emplois retombe à niveau proche de 2006, il y a 20 ans.
La crise liée aux exactions de 2024 prolonge la trajectoire baissière amorcée en 2021 dans le secteur de l’agriculture, même si "le rythme ralentit". Là aussi, le volume d’emplois "retrouve un point bas historique et rejoint celui de 1998, mettant un terme à deux décennies où les effectifs se maintenaient régulièrement au-delà des 1 600 salariés"