
Selon la procureure générale Michelle Rowland, une nouvelle infraction pénale punira les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse les 7,2 milliards de francs, si elles n’empêchent pas l'"esclavage moderne", comprenant le travail forcé et la servitude pour dettes, dans leurs chaînes d’approvisionnements hors du pays. "Les Australiens attendent, à raison, que les produits qu’ils achètent ne soient pas fabriqués au prix de l’esclavage moderne", a-t-elle déclaré.
Les États-Unis veulent imposer des droits de douane additionnels à 60 pays, en jugeant qu’ils combattent insuffisamment l’importation de biens issus du travail forcé. Parmi eux, 45 nations, dont l’Australie, sont menacées de se voir imposer 12,5 % de droits de douane pour avoir échoué, selon Washington, à instaurer une interdiction de l’importation de biens issus du travail forcé.
Environ 4 000 entreprises australiennes rendent compte chaque année des mesures prises pour empêcher le travail forcé dans leurs chaînes d’approvisionnement. L’an dernier, la police fédérale australienne a ouvert des enquêtes concernant 280 signalements de travail forcé et de trafic d’êtres humains, rapporte l’ambassade.
"Il n’existe aucune preuve crédible permettant de conclure que l’absence en Australie d’une interdiction de type américain d’importer des marchandises produites par le travail forcé est déraisonnable, ou qu’elle constitue un fardeau ou une restriction pour le commerce américain", a ajouté l’ambassade.
Selon la directrice de l’Institut australien des droits humains, Justine Nolan, les lois déjà existantes n’étaient pas adaptées et les modifications annoncées jeudi se révèlent importantes.
Canberra va également mettre en place des sanctions civiles à l’encontre des entreprises ne respectant pas les lois existantes sur le travail forcé.