
Entre janvier et mars, la Nouvelle-Calédonie a exporté pour 34,9 milliards de francs de marchandises et en a importé pour 53,2 milliards, selon une note publiée ce lundi 20 juillet par l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee).
Le déficit commercial s’établit ainsi à 18,3 milliards de francs. C’est 4,3 milliards de moins qu’au premier trimestre 2025. Autrement dit, pour 100 francs de marchandises importées, la Calédonie en a exporté pour 65,50 francs, contre environ 56 francs un an plus tôt.
Le rebond part cependant de loin. Au premier trimestre 2025, l’Isee qualifiait les montants d'"historiquement bas" [1]. Prony Resources venait de reprendre son activité, en décembre 2024, et l’institut évaluait encore la baisse de la valeur de ses ventes de NHC, un produit semi-transformé contenant du nickel et du cobalt, à 42 % sur un an. Le redressement s’est ensuite confirmé : au quatrième trimestre, les volumes expédiés par l’usine du Sud avaient atteint un record.
Utilisé notamment dans la fabrication de batteries, le NHC demeure le moteur de cette reprise, estime l’Isee. Ses ventes ont atteint 18,1 milliards de francs au premier trimestre 2026, soit 2,4 fois leur niveau de l’année précédente. Elles représentent à elles seules 52 % de toutes les exportations calédoniennes.
Leur progression, de 10,57 milliards de francs, dépasse même celle de l’ensemble des exportations, limitée à 6,1 milliards. Sans le NHC, les ventes à l’extérieur auraient reculé de 21 % sur un an, selon un calcul réalisé à partir des données de l’Isee.
Les autres produits du nickel en revanche restent en retrait. La valeur des exportations de ferronickel baisse de 16 %, malgré des volumes en hausse de 9 %, en raison d’un prix moyen moins favorable. Les ventes du minerai chutent de 27 %, avec des volumes en recul de 15 %. Au total, le nickel, sous toutes ses formes, représente 91 % de la valeur des exportations du pays.
Hors nickel, les ventes diminuent de 27 %, passant de 4,1 à 3 milliards de francs, selon un calcul effectué à partir des données fournies par l’Isee. Les exportations de thon, par exemple, chutent de 48 millions de francs à 30 millions en glissement annuel. Quelques productions progressent néanmoins, mais sur des montants beaucoup plus faibles : les crevettes passent de 101 à 174 millions de francs, les produits agricoles et d’élevage de 14 à 23 millions et les huiles essentielles atteignent 136 millions, en hausse de 16 %.
Les importations augmentent plus modérément, de 3,5 %. Cette hausse vient d’abord des matières premières liées à l’industrie. Tiré notamment par les achats de soufre, le poste des matières premières industrielles augmente de 2,8 milliards de francs. Pour donner un ordre de grandeur, c’est plus que l’ensemble des importations, qui sont en hausse de 1,8 milliard (de 51,3 à 53,1 milliards).
Les achats de machines et de matériel de transport augmentent également de 7 %, tandis que les livraisons de médicaments progressent de 24 %. À l’inverse, la valeur des importations de produits alimentaires recule de 14 % et celle des boissons et du tabac de 33,5 %. L’Isee relie en partie ces baisses à un ajustement des stocks après les fêtes. Elles ne permettent donc pas, à elles seules, d’en tirer des conclusions sur l’évolution de la consommation des ménages.
À noter que les résultats reposent sur les déclarations en douane disponibles au 17 avril. Ils restent provisoires, en particulier pour les exportations de nickel, qui peuvent être régularisées au cours des six mois suivant leur déclaration.