
Les détenus en communauté vivent avec 38 000 francs par mois pour couvrir l’ensemble de leurs besoins de base en dehors du logement. Cette somme est insuffisante au vu du coût de la vie sur l’île de Nauru, l’un des plus élevés du Pacifique. De nombreux demandeurs d’asile se retrouvent à court d’argent avant leur prochain versement, et sont contraints de réduire leurs repas ou de se passer de nourriture. "Nous devons faire des compromis, si vous achetez des légumes, vous ne pouvez pas vous payer du riz. Si vous achetez de la viande, vous ne pouvez pas vous payer des fruits", a témoigné anonymement l’un d’entre eux.
68 % des personnes interrogées ont déclaré n’avoir que rarement ou jamais accès à des fruits frais, des légumes et de la viande, et 82 % ont indiqué ne pas avoir facilement accès à de l’eau potable propre et gratuite. Sans rivières ni lacs d’eau douce, l’île dépend principalement de la collecte des eaux de pluie et du dessalement, ce qui signifie que les pénuries d’eau sont fréquentes lors des périodes de faibles précipitations, forçant les habitants à se tourner vers l’eau en bouteille.
La nourriture périssable est acheminée par avion chaque semaine et se vend souvent rapidement ou à des prix prohibitifs. Les demandeurs d’asile peinent également en raison de leur méconnaissance des circuits d’approvisionnement locaux, ainsi que des transports peu fréquents vers les marchés.
Au 31 mai, 101 personnes cherchaient l’asile à Nauru, dont 91 en hébergement communautaire. La majorité des détenus étaient des hommes jeunes à d’âge moyen originaires d’Asie du Sud et de l’Est. Ce groupe est distinct des centaines d’anciens détenus de l’immigration, connus sous le nom de cohorte NZYQ, envoyés à Nauru depuis l’Australie dans le cadre d’un accord distinct.
La politique australienne de traitement offshore, qui consiste à envoyer les demandeurs d’asile arrivés par bateau vers Nauru ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée, fait l’objet de critiques persistantes de la part des organisations de défense des droits humains. Ce nouveau rapport vient renforcer les appels à une révision urgente des conditions de vie imposées à ces personnes vulnérables, dont la grande majorité fuit des persécutions dans leur pays d’origine.