
Le discours était passé quelque peu inaperçu le 13 juillet. C’est le quotidien Le Figaro qui l’a repéré, notant qu’Ilham Aliev s’exprimait à l’occasion d’un Forum mondial des médias depuis Choucha, dans le Haut-Karabagh. Une région à majorité arménienne et qui conteste son rattachement à l’Azerbaïdjan, dont Bakou a repris militairement le contrôle entre 2020 et 2024. Les conséquences humanitaires du conflit ont été largement dénoncées par la communauté internationale, en particulier par Paris, proche de l’Arménie, et qui se montre plus globalement critique de la situation des droits de l’homme et de la répression politique sous le régime autoritaire d’Ilham Aliev. Le président azeri, pourtant, l’assure : les prises de position de son pays sur l’Outre-mer français n’ont "rien à voir" avec ces tensions diplomatiques.
Mais c’est bien à partir de 2020, et des accusations de violation des droits de l’Homme par la France envers l’Azerbaïdjan, que s’est développé le soutien à de nombreux mouvements régionalistes ou indépendantistes ultramarins. Notamment au travers du Groupe d’initiative de Bakou.
La relative accalmie de la situation au Haut-Karabagh – un projet de traité de paix avec l’Arménie a été présenté en mars 2025, mais attend encore d’être signé – n’a donc pas fait vaciller l’intérêt azeri pour l’Outre-mer français. Pour Ilham Aliev, il s’agit de retourner à la France ses accusations. "Les droits de l’homme sont une question universelle. Ils nous critiquent, nous les critiquons également. C’est normal. Ce n’est pas une attaque", insiste le chef d’État au pouvoir depuis 2003.
Dans son discours à Choucha, le président azerbaïdjanais a rappelé que "des actions illégales ont été menées dans ces territoires d’Outre-mer, notamment des essais nucléaires". Avant de préciser : "Au XXIᵉ siècle, il n’est pas possible de maintenir comme colonies des territoires situés à 10 000 kilomètres de distance. Les populations de ces territoires ne veulent pas de cette situation. Elles veulent vivre leur propre vie."
En plus de la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, la Martinique et Saint-Martin, Ilham Aliev a cité la Corse, "région où les habitants veulent préserver leur langue et voir leur identité nationale respectée". Comme le rappelle Le Figaro, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait déjà déploré début 2025 que l’Azerbaïdjan ait "cherché à déstabiliser (la) politique nationale" [1] de la France en Nouvelle-Calédonie et appelé à ce que ces ingérences cessent "immédiatement" [2]. La signature d’un mémorandum de coopération avec l’Azerbaïdjan au nom du Congrès, par l’élue UC-FLNKS Omayra Naisseline [3] en avril 2024 à Bakou, avait fait polémique et avait été largement critiquée par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Outre-mer et de l’Intérieur [4]. L’organisation, dans les mois qui ont suivi, en juillet 2024, d’un congrès, soutenu par le Groupe d’initiative de Bakou, rassemblant, en Azerbaïdjan, des représentants de plusieurs formations indépendantistes françaises [5], notamment de Nouvelle-Calédonie, avait également fait réagir.
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[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/la-france-appelle-l-azerbaidjan-a-resoudre-ses-differends-par-la-diplomatie-plutot-que-par-les-ingerences
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/france/politique/paris-denonce-de-nouvelles-ingerences-de-l-azerbaidjan-sur-le-caillou
[3] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/monde/politique/pourquoi-le-congres-a-t-il-signe-un-memorandum-avec-l-azerbaidjan
[4] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/france/monde/politique/gerald-darmanin-denonce-l-ingerence-extremement-nefaste-de-l-azerbaidjan-dans-ses-liens-avec-la-nouvelle-caledonie
[5] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/france/monde/politique/l-azerbaidjan-accueille-un-congres-d-independantistes-francais-auquel-participent-trois-elus-caledoniens
[6] https://www.lnc.nc/user/password
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