
Les députés français ont approuvé, le mardi 21 juillet, l’instauration de la perpétuité pour les auteurs de viols en série commis sur des enfants de moins de 15 ans. Cette mesure, portée par le gouvernement dans le sillage de l’affaire Lyhanna, a finalement été adoptée par 258 voix contre 84.
Lyhanna, onze ans, avait été retrouvée morte début juin dans le Sud-Ouest de la France. La mère d’une autre enfant avait déposé plainte pour viols contre l’accusé en août 2025 sans que celui-ci ne soit inquiété. Elle l’avait accusé de l’avoir violée "une cinquantaine" de fois.
La gauche avait rejeté le texte vendredi, dénonçant une disposition répressive destinée à masquer l’insuffisance des moyens consacrés aux enquêtes, mais aussi à la prévention des violences sexuelles.
Les discussions autour de la mesure ont été particulièrement houleuses à nouveau mardi. L’extrême droite a de nouveau défendu "la cohérence de l’échelle des peines", soulignant que la disposition n’est pas demandée par les associations de victimes, dénonçant un "écran de fumée".
La socialiste Florence Hérouin-Léautey a renchéri : "Plutôt qu’un énième tour de passe-passe à haut risque d’inconstitutionnalité, peut-être pourriez-vous admettre que c’est de moyens supplémentaires dont notre système judiciaire et nos services d’enquête ont besoin pour protéger les victimes et mettre fin à l’impunité ?" Cette dernière a rappelé que seuls 3 % des agresseurs en matière de violences sexuelles sont condamnés. Et que ce chiffre tombe à 1 % dans les cas d’inceste. Pour certaines associations de protection de l’enfance, cette loi pourrait pousser les prédateurs à aller jusqu’au meurtre, empêchant ainsi les victimes de parler.
Le député Nicolas Metzdorf s’est, quant à lui, réjoui de l’adoption de cette loi. "J’ai voté pour que les violeurs en série de mineurs de 15 ans soient condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. C’est une disposition applicable en Nouvelle-Calédonie."
Les défenseurs de la mesure, eux, récusent toute "surenchère pénale". "Pour nous, il s’agit de sanctionner ce que l’on estime être le crime […] le plus grave", a argumenté Emilie Bonnivard (Les Républicains, droite). "Votre priorité est de préparer la sortie des prédateurs, la nôtre est de garantir qu’aucun enfant ne croise de nouveau sa route", a lancé à la gauche la députée RN (extrême droite) Sophie Blanc. Ce nouveau vote était organisé avant un scrutin sur l’ensemble d’un projet de loi sur la protection des enfants.