
C’était une première assemblée de province Sud rapide, technique et un brin rébarbative, qu’a tenue la nouvelle mandature, ce jeudi 23 juillet. À l’ordre du jour : le règlement en matière de budget et de finances de la Maison bleue, la désignation des représentants dans des dizaines d’instances et enfin, la délégation de pouvoir à la présidente, Sonia Backès, en matière de marchés publics qui doit être renouvelée à chaque prise de fonction de l’exécutif.
Ce dernier point a néanmoins retenu l’attention des élus, non pas pour remettre en cause le principe (puisque les crédits alloués à ces chantiers doivent d’abord être votés), mais pour en préciser les modalités, alors que l’économie tourne encore au ralenti, et que de nombreuses entreprises sont suspendues au lancement des chantiers publics.
Objectif affiché par la Maison bleue : accélérer au maximum toutes ces démarches et procédures, afin de débloquer les travaux et payer les sociétés retenues au plus vite. Tant pour les budgets propres de la province Sud que pour les investissements de l’État, dont la deuxième vague du plan de relance [1], pour lequel la province Sud bénéficie d’une enveloppe d’environ 2 milliards de francs (sur une enveloppe totale de 10 milliards à l’échelle du pays).
"L’idée, c’est vraiment que cet argent de l’État soit dépensé dans sa totalité et le plus rapidement possible, afin de permettre de compenser, grâce à l’investissement public, l’absence d’investissement privé, pour lequel on pense qu’on aura un vrai redémarrage d’ici fin 2027, début 2028, explique Sonia Backès, qui compte ainsi procéder à l’allotissement de ces chantiers, c’est-à-dire découper en plusieurs petits marchés chacune de ces opérations. Et ce, en vue de permettre au plus grand nombre de sociétés d’y répondre à ces appels d’offres. "On souhaite permettre aux plus petites sociétés de pouvoir candidater, pour ne pas faire travailler que les plus grosses entreprises. Notre job, c’est qu’elles puissent aussi retrouver des ressources humaines, parce que certaines ont licencié, pour qu’elles soient capables de monter en puissance, notamment lorsque le secteur du privé aura retrouvé sa peine capacité, estime la cheffe de la Maison bleue, qui se félicite du temps "record" des délais de paiement de son institution. On est à un délai de 10 jours pour les entreprises qui contractent avec la province Sud, ce qui est quand même exceptionnel."
Si la stratégie de l’exécutif pour accompagner cette relance économique fait l’unanimité, l’opposition, par la voix de Vaimu’a Muliava (Éveil océanien) et Laurie Humuni (Kanaky), a néanmoins alerté sur la nécessité de maintenir une transparence totale sur les modalités d’attribution et la publication des entreprises choisies dans le cadre de ces commandes publiques. "Honnêtement, en termes de transparence, c’est difficile d’aller plus loin, estime Sonia Backès. On a un contrôle en amont en CAO (commission d’appel d’offres), une transparence ensuite avec la diffusion à l’assemblée et un contrôle interne aléatoire de l’ensemble des factures de la province. Sans oublier le contrôle de légalité de l’État qui nous regarde toujours avec énormément d’attention. On est donc bardés."