
Aux côtés d’une foison d’objets d’antan et autres timbres au charme désuet, trônent désormais les produits dérivés, peluches et autres figurines de super-héros. Pour sa 26e édition, le salon des collectionneurs, qui se tient à la mairie de Nouméa jusqu’à dimanche, ouvre ses portes à des passionnés tournés vers des centres d’intérêt de plus en plus actuels. Et qui devraient attirer l’attention d’un public large, y compris parmi les jeunes.

À 36 ans, Inès Della Patrona est bien incapable de compter l’ensemble des objets Pokémon qui constituent sa collection, qu’elle amasse notamment au fil de ses voyages et recherches en ligne. "Je suis tombée dedans dès 1998. Rien que pour les cartes, j’en ai plus de 7000, raconte cette passionnée, dont certains trésors qu’elle a débusqués se chiffrent en centaine de milliers de francs. La jeune femme, qui participe pour la quatrième fois à l’événement, expose et vend même une petite partie de sa collection. "Ce stand attire vraiment des gens de tous âges, puisqu’il y a même des personnes de 50 ou 60 ans intéressées parce qu’elles se sont mises à jouer avec leurs enfants ou petits enfants. Il y a aussi des adolescents, donc c’est vraiment un stand intergénérationnel."

Parmi les stands qui dénotent, direction le fond de la salle d’honneur de la mairie où Jeff Schmitt présente un nombre impressionnant de cartes et autres articles de basket. Dans le jargon, on parle de "trading cards", une passion tout droit venue des États-Unis, également répandue dans l’Hexagone, qui a le vent en poupe. "Il y a eu Michael Jordan dans les années 1990, Tony Parker dans les années 2000 et là depuis peu, on sent un nouvel engouement avec la percée de Victor Wembanyama. On le voit notamment au prix des cartes, qui ne cesse de monter, analyse ce mordu de basket de 47 ans, qui compte sur le salon pour "agrandir la communauté" de collectionneurs sur le Caillou. On est déjà une dizaine à s’être rencontrés et à partager ce loisir, mais j’espère capter l’attention de nouvelles personnes ce week-end, en particulier chez les jeunes. Ils ont déjà cette culture des cartes notamment avec l’essor de Pokémon."
Cet exposant ne cache pas sa joie d’avoir tiré le gros lot, quelques semaines plus tôt, lorsqu’il a acheté un paquet de cartes où il tombé sur celle de Jalen Brunon, élu depuis meilleur joueur 2026 du tournoi NBA. Une carte dont la côte est montée en flèche et qui vaut désormais quelques centaines de milliers de francs sur le marché mondial.

Le stand de Lionel Pechberty est quant à lui des plus hétéroclites. Mangas, fugurines Marvel ou Pop, produits dérivés Pat patrouille… Ce quadragénaire qui a perdu son travail lors des émeutes, a pu compter sur sa passion pour la collection, en vue de monter un petit business. Rien d’extravagant, "mais de quoi faire quelques pièces et arrondir les fins de mois". Une approche pragmatique pour ce passionné qui propose à la vente de nombreux objets très récents. "Ce vendredi, compte tenu du public, je risque faire chou blanc, mais je pense que ce week-end, mon stand devrait pas mal intéresser les visiteurs plus jeunes."

Si les jeunes ne sont clairement pas en majorité parmi les visiteurs et les exposants, ce vendredi matin, le coorganisateur de cet évènement Daniel Miroux l’assure : "La relève est en marche, même si elle n’est pas encore très importante".
"On sent qu’il commence à y avoir un renouvellement parmi les participants et les objets proposés au public, assure ce philatéliste, pour qui le web garantit de belles et longues années à ce loisir. "Aujourd’hui, à tout âge, on se connecte à Internet pour avoir accès à des milliers et milliers de collections en fonction de ses centres d’intérêt. On devient même de meilleurs collectionneurs en quelque sorte puisqu’on peut trouver des objets à l’autre bout du monde depuis la Nouvelle-Calédonie. Internet, c’est ce qui va perpétuer et assurer l’avenir de l’art de collectionner."