
Si en cette saison fraîche, les places de parking sont disponibles à l’entrée du parc de la Dumbéa, la situation est évidemment bien différente en plein mois de janvier. Depuis sa création en 2013, le parc semble être un immense casse-tête logistique pour les équipes municipales qui en ont la charge. Le parc provincial de la Dumbéa est en effet en co-gestion, la partie qui accueille du public et ses aménagements est gérée par la mairie quand la partie zone naturelle est laissée à la province. De quoi créer parfois des situations conflictuelles. " Il y avait surtout des querelles entre la province et la mairie. Ce que j’ai souhaité, c’est un travail en concertation, en profondeur avec la province Sud et avec les équipes municipales, " explique Cynthia Jan, nouvellement élue à la mairie de Dumbéa, et alliée de Sonia Backès, confortée à la présidence de la Maison bleue le 28 juin dernier.
Un projet de réaménagement du parc naturel a été déposé par la province Sud auprès de l’État pour bénéficier d’une partie de l’enveloppe de la deuxième vague du plan de relance [1]. 295 millions de francs vont financer un chantier qui devrait débuter incessamment et se terminer dans le courant de l’année 2027. Dix-huit farés, 31 tables, sept blocs sanitaires… " Des aménagements qui amélioreront l’accueil des visiteurs du parc, et qui pourraient, pourquoi pas, permettre de développer des activités de loisirs, comme de la location de vélos et l’implantation de food-trucks ", imagine la maire de Dumbéa, tout en précisant vouloir " préserver le cadre de vie des habitants qui aspirent à leur tranquillité. " Le parc provincial semble ainsi emprunter le chemin de ses grands frères de la Rivière Bleue et des Grandes Fougères. " La gestion du parc doit être laissée à la province Sud, affirme Cynthia Jan, qui en a les capacités techniques et l’expérience avec les parcs de la Rivière bleue et des Grandes Fougères. Notre rôle, en tant que mairie, est de participer à la bonne gestion du parc, notamment avec les équipes de police municipale et de gardes champêtres qui seront davantage mobilisées pour assurer la prévention et la répression si nécessaire. " Du côté de la province Sud, il est encore trop tôt pour se projeter sur une gestion provinciale complète.
L’une des grosses problématiques de cet espace naturel est la gestion des flux de visiteurs, notamment en période estivale, avec des concentrations pouvant atteindre près de 4 000 personnes sur une journée. Se pose alors la question de l’accès des secours, des dégradations, des stationnements dangereux… Entre navettes durant les grandes vacances, ouverture partielle du parc aux véhicules, tentatives – vaines – de cadrer le stationnement des véhicules, présence renforcée de la police municipale et des gendarmes pour verbaliser les stationnements interdits… Rien ne semble vraiment fonctionner. "Cette question est un gros chantier qui s’ouvre maintenant, précise le maire. Nous partons, a priori, sur une ouverture du parc à un nombre limité de véhicules. Mais toutes les portes sont encore ouvertes. Nous attendions l’arbitrage de l’État pour commencer ce travail. Nous allons enfin pouvoir appeler ce parc un parc, estime la première édile. Il y a une attente très forte des Dumbéens et des Calédoniens. Le rayonnement de la rivière de la Dumbéa dépasse largement les frontières de la commune."
Qui dit augmentation de la qualité des services et des équipements, dit augmentation des coûts d’entretien. "Plus le parc va monter en grade, plus la question de son entretien et du coût de ce parc se pose, prévient Cynthia. Il est donc envisageable d’avoir des zones payantes dès lors que les installations s’améliorent. Mais nous pensons à réserver des accès à la rivière gratuits." La province Sud se veut elle aussi prudente. Même si la possibilité de rendre l’accès au parc payant est envisageable un jour, "nous ne sommes pas encore au point de clôturer le parc et d’installer un guichet à l’entrée." Si l’enveloppe financière a été débloquée, la réflexion, elle n’est pas encore totalement aboutie.

La création du parc de la Dumbéa est à l’origine d’une association, Dumbéa Rivière Vivante, qui a lutté pour préserver ce site, empêcher les nuisances sonores, lutter contre les risques d’incendie et tenter de déménager le stand de tir toujours implanté dans le parc. Aujourd’hui, DRV est un des acteurs incontournables du site. Plantations d’arbres, sensibilisation auprès des visiteurs, comptages, lutte contre les espèces envahissantes ou encore éducation à la biodiversité unique du parc : DRV possède de multiples casquettes. " DRV va continuer, nous l’espérons, à mener son travail remarquable, assure Cynthia Jan. Nous voulons intégrer totalement l’association au mode de gestion. " Si ce projet, déposé par la province Sud, a retenu l’attention de l’État, c’est qu’il répond à un critère défini pour le plan de relance : le développement de nouvelles activités économiques, notamment dans le secteur du tourisme. Un autre projet a été retenu, celui-ci déposé par la municipalité, et qui répond à ce critère de développement des activités touristiques : le goudronnage de la route après le radier Daver.
