
Dépourvu de passagers payants, le fuselage de l’Airbus A350-1000ULR a été transformé en un laboratoire volant de haute précision embarquant environ cinq tonnes d’équipements de mesure et plus de mille capteurs installés au millimètre près.
Le vol stratégique entre Toulouse et Melbourne, où il s’est posé le vendredi 24 juillet, visait à valider les performances réelles du système de carburant et de la structure de l’appareil. Le retour est prévu ce lundi 27 juillet avec, à bord, deux pilotes de Qantas. L’enjeu est de taille pour le constructeur européen et la compagnie australienne, car cette liaison d’essai entre la France et l’Australie représente à elle seule plus d’un quart de la campagne globale de qualification de 80 heures exigée par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) avant l’autorisation finale de mise en service.
Ce périple expérimental s’inscrit au cœur du programme "Project Sunrise" porté par Qantas [1], dont l’ambition est d’effacer la contrainte des distances en reliant directement la côte est australienne à de grandes métropoles mondiales, telles que Londres ou New York sans escale.
Pour rendre cette prouesse possible, les ingénieurs d’Airbus ont apporté des modifications structurelles majeures au gros-porteur, à commencer par l’intégration d’un réservoir central arrière supplémentaire capable de contenir 20 000 litres de carburant. Cette réserve inédite accroît le rayon d’action de l’avion de près de 2 000 kilomètres, complétée par un système de réfrigération et de ventilation optimisé pour tenir le choc sur de très longues durées.
Au-delà du défi technologique, ce projet redéfinit en profondeur l’expérience humaine en altitude. Afin d’offrir le meilleur confort possible aux 238 passagers, la cabine intégrera une zone de bien-être dédiée aux étirements ainsi qu’un éclairage dynamique synchronisé avec l’horloge biologique, développé avec des chercheurs pour atténuer les effets du décalage horaire.
Qantas a commandé 12 appareils dans cette configuration, avec une livraison du premier appareil de série, baptisé Vega, en avril 2027. Les premières ventes des vols Sydney-Londres sont annoncées pour février, avant une mise en service commerciale en octobre de la même année.