
En 2025, l’indice conjoncturel de fécondité s’établit à 1,6 enfant par femme, son niveau le plus faible jamais enregistré en Polynésie française. L’an dernier, le fenua a compté 3 170 naissances, soit 3,1 % de moins qu’en 2024, pour un taux de natalité de 11,3 naissances pour 1 000 habitants. Un bilan qui n’est pas nouveau : l’Institut de la statistique (ISPF) constate un recul de la fécondité depuis plusieurs décennies et l’indice, qui atteignait encore 2,2 enfants par femme en 2005, a diminué de 12 % entre 2015 et 2025, alors que le seuil permettant le renouvellement des générations est fixé à 2,1 enfants par femme.
La chute du nombre de naissances tient à deux phénomènes distincts. D’abord, les femmes en âge de procréer sont elles-mêmes moins nombreuses : les 15-49 ans sont passées de 72 880 en 2016 à 69 570 en 2025, soit une diminution de 4,5 %. Ensuite, elles ont en moyenne moins d’enfants : le taux de fécondité est tombé à 45 naissances pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans, contre 47 un an plus tôt et 64 en 2005. Ce recul dépasse 20 % chez les 20-34 ans.
Au 31 décembre 2025, la population est estimée à 279 500 habitants, comme un an auparavant. Les naissances restent supérieures aux 1 840 décès enregistrés dans l’année, laissant un excédent naturel de 1 330 personnes. Mais ce gain ne suffit plus à compenser les départs nets du territoire. Faute encore de données migratoires définitives pour 2025, l’ISPF prolonge la tendance observée entre les recensements de 2017 et 2022, période durant laquelle le déficit migratoire était d’environ 1 350 personnes par an. Résultat : après plusieurs années de ralentissement, la croissance de la population s’interrompt.
Cette stabilité du nombre d’habitants masque un changement de génération. Depuis 2012, la progression du nombre de seniors est plus rapide que la diminution de celui des jeunes, tandis que les 15-64 ans, tranche représentative de la population en âge de travailler, commencent eux aussi à reculer légèrement. En vingt ans, le poids des moins de 15 ans par rapport à la population en âge de travailler a nettement diminué : ils étaient 41,3 pour 100 personnes de 15 à 64 ans en 2005, contre 28,8 en 2025. Dans le même temps, celui des seniors a suivi le chemin inverse : le nombre de 65 ans et plus, toujours rapporté aux 15-64 ans, a plus que doublé pour atteindre 16,4 pour 100 en 2025.
La Polynésie demeure encore sensiblement plus jeune que la France : les 65 ans et plus représentent 11 % de la population, contre 22 % dans l’Hexagone. L’ISPF souligne que cette nouvelle pyramide des âges modifie les besoins collectifs : le fait qu’il y ait moins de jeunes change à terme la demande en établissements scolaires, et qu’il y ait davantage de personnes âgées accroît celle concernant les soins et les structures médico-sociales. Cela n’est également pas sans conséquences sur l’emploi et l’équilibre des comptes sociaux.
Le fenua compte moins de naissances, sa population en âge de travailler se contracte et les générations âgées occupent une place croissante dans la pyramide des âges. La Polynésie n’échappe plus à une tendance observée au-delà du territoire.