
La Stratégie nationale de défense 2026, publiée en avril par le ministre de la Défense Richard Marles, concentre les forces australiennes sur cinq missions : défendre l’Australie et sa région immédiate, dissuader toute tentative de projection de puissance par un adversaire, protéger les connexions économiques du pays dans la région, contribuer à la sécurité collective de l’Indo-Pacifique et défendre les règles et normes mondiales.
Cette stratégie développe une plus grande autonomie stratégique, en priorisant l’acquisition de capacités militaires et en améliorant la préparation civile et la résilience nationale dans le cadre de la défense nationale. Cette dernière dimension constitue le cœur de la nouvelle approche : pour la première fois, l’Australie reconnaît officiellement que sa défense ne peut reposer uniquement sur ses forces armées.
Le risque que l’Australie soit impliquée dans un conflit dans une ère "dangereuse et imprévisible" est croissant, selon cette stratégie. Elle reconnaît que si l’Australie devait faire face à un conflit, il est essentiel que le pays soit prêt à répondre avec une base nationale de soutien résiliente et préparée.
L’investissement prévu sur la décennie atteint 425 milliards de dollars (environ 3 000 milliards de francs), dont des fonds pour renforcer les bases du nord de l’île continent, la logistique, la santé, la cybersécurité, la base industrielle de défense souveraine et la réduction de la dépendance envers des sources étrangères concentrées.
Des experts de l’Australian strategic policy institute (ASPI) ont averti que l’absence de réponse aux menaces non traditionnelles telles que la guerre non restrictive, les attaques hybrides et les opérations en zone grise laisserait l’Australie non préparée à un type de guerre radicalement différent. Pour la population, ce changement de doctrine représente un appel à une prise de conscience collective : dans un monde où les tensions géopolitiques s’intensifient, la sécurité nationale est désormais l’affaire de tous.