
Les années passent et le poids des maladies chroniques s’alourdit au fenua. Chez les 18-69 ans, la prévalence de l’obésité est passée de 40 % en 2010 à 51 % en 2021. Une tendance qui touche aussi les plus jeunes : près d’un adolescent de 12 à 17 ans sur quatre était obèse en 2024, contre un sur cinq huit ans plus tôt. L’hypertension suit la même trajectoire, avec 35,5 % des adultes concernés en 2021, contre 27 % onze ans auparavant.
Le diabète affiche une prévalence de 12,2 % et, parmi les personnes concernées, une sur quatre ignore sa maladie. Plus préoccupant encore, la mortalité associée a été multipliée par plus de quatre en vingt ans, pour atteindre 32 décès pour 100 000 habitants en 2021.
Même constat du côté des longues maladies. Fin 2024, 142,2 personnes pour 1 000 habitants bénéficiaient d’une prise en charge à ce titre, contre 113 en 2010. Sur la même période, la prévalence de l’insuffisance rénale chronique a plus que triplé, de 4,5 à 14 pour 1 000 habitants. Celle des cardiopathies et insuffisances cardiaques est passée de 8,1 à 24,2 pour 1 000.
Des chiffres qui font écho à des facteurs de risque toujours très présents. En 2021, 58 % des adultes avaient un niveau d’activité physique jugé faible et la moitié ne consommait pas suffisamment de fruits et légumes.
En revanche, le tabagisme recule, passant de 40 % à 33 % des 18-69 ans entre 2010 et 2021. Chez les adolescents, la cigarette électronique s’est toutefois largement installée : 40 % des 12-17 ans déclaraient avoir vapoté au cours des 30 jours précédant l’enquête de 2024.
La goutte, une maladie articulaire, reste elle aussi particulièrement présente en Polynésie. Elle touche 14,5 % de la population, avec une prévalence particulièrement élevée chez les hommes : un sur quatre est concerné, contre 3,5 % des femmes. Plus largement, 72 % des Polynésiens présentent une hyperuricémie, soit un taux trop élevé d’acide urique dans le sang.
Les cancers restent également un enjeu majeur de santé publique. Sur la période 2019-2021, leur taux d’incidence brut atteint 345,5 cas pour 100 000 chez les femmes et 349,5 chez les hommes. Le cancer du sein arrive largement en tête chez les premières, avec 144 cas pour 100 000, tandis que celui de la prostate domine chez les seconds, avec 99 cas pour 100 000.
Sur le front infectieux, les évolutions sont contrastées. L’incidence de la tuberculose a été divisée par plus de deux depuis 2019, passant de 24 à 10,6 nouveaux cas pour 100 000 habitants en 2025. À l’inverse, celle du VIH atteint 8,9 cas pour 100 000 habitants, contre 3 en 2017.
Face à cette photographie sanitaire, le gouvernement mise notamment sur son nouveau Schéma d’organisation sanitaire 2026-2031 et ses plans consacrés au cancer, à la santé mentale et à la prévention. Une campagne contre la recrudescence des infections sexuellement transmissibles est également en cours, avec la mise à disposition annoncée de préservatifs gratuits.