
Depuis le samedi 8 août, quatre vols opérés par la compagnie Aircalin, le premier à destination de Sydney, deux autres vers Paris via Bangkok et un dernier prévu ce vendredi 14 août vers Singapour, ont été annulés en raison d’incidents techniques. Au départ, il s’agissait d’une avarie sur un APU (Auxiliary Power Unit) d’un des A330neo de la compagnie, un générateur électrique situé à l’arrière de l’avion. La pièce a été rapidement remplacée par les techniciens. Mais dès le lendemain, le dimanche 9 août, un autre effet de la panne a été constaté.
Alors que plus de 300 passagers, déjà enregistrés, s’apprêtaient à monter à bord de l’appareil, "on nous a annoncé l’annulation du vol à la dernière minute", rapporte Virginie (prénom d’emprunt), qui accompagnait son fils à l’aéroport. En cause : la "présence d’odeurs gênantes dans le poste de pilotage et la cabine", indique Laurent Fogliani, directeur de la coordination stratégique et de la transformation chez Aircalin. "Ces désagréments peuvent constituer une gêne importante pour certaines personnes, donc conformément à notre politique sécurité, l’appareil a été immobilisé."
À cela s’est ajoutée une autre difficulté : l’anomalie ne peut pas être détectée au sol, "mais uniquement en vol". La compagnie a alors procédé, mardi soir, à un "vol de contrôle à vide" qui a révélé la persistance des odeurs. "Les réparations et contrôles se poursuivent, afin d’atteindre un niveau conforme à nos standards de qualité et de sécurité dans l’intérêt de nos passagers et de nos équipages", poursuit Laurent Fogliani. Les trois premiers vols annulés ont, depuis, été reprogrammés. Une solution est à l’étude pour le dernier vol à destination de Singapour prévu ce vendredi.
Si l’épisode actuel est particulièrement marquant, il survient dans un contexte de pannes à répétition qui touchent les appareils de la compagnie calédonienne ces dernières semaines. Le 16 juillet, des traces de carburant avaient été détectées autour d’un avion, immobilisé pendant quatre jours.
Si elle admet des "avaries sur nos A330neo" et "des problématiques moteurs depuis plusieurs mois", la compagnie rappelle que "les aléas font partie de la vie d’une compagnie", relativise Laurent Fogliani. Les pannes s’expliqueraient ainsi en grande partie par l’âge des appareils. Entrés en service en 2019, les A330neo "sont dans la phase de vie où les anomalies techniques sont plus présentes, nos processus de maintenance sont donc renforcés", indique le directeur de la coordination stratégique et de la transformation.
Aircalin se conforme à des standards internationaux, ce qui peut avoir pour conséquence l’immobilisation d’un avion le temps de mener des investigations "avec le constructeur et leur motoriste". Les délais de réparation peuvent parfois s’allonger en raison "de notre insularité" et de l’éloignement avec "nos fournisseurs, qui sont eux-mêmes en flux tendu". Reste que "la sécurité est non négociable", insiste Laurent Fogliani.
L’ouverture précipitée de la ligne Nouméa-Paris via Bangkok fin 2024 [1], un "extra-long courrier" visant à relancer la fréquentation des vols [2] opérés par la compagnie à l’hibiscus, a pu faire craindre à certains usagers une sur-utilisation des A330neo, désormais chargés de réaliser des trajets de 20 000 km, entrecoupés d’une escale technique. Une inquiétude infondée, assure Aircalin. "L’A330neo est un appareil long-courrier, le positionner sur notre ligne Paris n’est pas un choix de contrainte", indique Laurent Fogliani. Cet appareil "est utilisé par de nombreuses compagnies internationales sur des routes et des distances comparables aux nôtres".
Alors que l’achat des A350-900 a été sécurisé et qu’un premier appareil, en cours d’assemblage à Toulouse, est attendu d’ici décembre, la fiabilité de la flotte actuelle inquiète les usagers. "Je peux comprendre que l’on s’interroge, c’est totalement légitime", note Laurent Fogliani. Pour autant, sans préjuger de l’avenir, il affirme que chaque anomalie fera "l’objet d’un traitement immédiat et rigoureux, avec un principe simple : nous n’opérons jamais un vol tant que la sécurité n’est pas totalement garantie".
Dans cette optique, un partenariat d’assistance technique a débuté en juillet sur l’escale de Paris avec Corsair, qui exploite des appareils similaires à ceux d’Aircalin, afin justement de fiabiliser la flotte. Il repose sur deux volets : un suivi de la maintenance à Paris et un suivi des vols sur le tronçon Bangkok-Paris-Bangkok. "Notre objectif est clair : réduire les aléas et leurs impacts sur nos clients."
Les annulations de dernière minute sont source de nombreux désagréments pour les passagers, prêts à embarquer et finalement contraints de rentrer chez eux. "Nous avons conscience que l’annulation à l’aéroport a pu être particulièrement éprouvante pour nos passagers, et nous le regrettons", indique Aircalin.
Dans ce genre de circonstances, la procédure est claire : prise en charge du transport entre l’aéroport et Nouméa, ainsi que des hébergements et des repas pour les non-résidents. "Nous essayons toujours dans la mesure du possible de reprogrammer les vols annulés dans les 24 heures", souligne Laurent Fogliani.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/transports/en-reliant-paris-aircalin-se-lance-dans-l-extra-long-courrier
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/transports/la-ligne-noumea-paris-via-bangkok-a-permis-a-aircalin-de-retrouver-l-equilibre-financier
[3] https://www.lnc.nc/user/password
[4] https://www.lnc.nc/user/register
[5] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements