
"Actif", "dynamique", "en ordre de marche"… Virginie Ruffenach, présidente du Congrès depuis le 10 juillet, à la faveur du pacte de gouvernance conclut entre Le Rassemblement, Les Loyalistes et l’Éveil océanien [1], a présenté, lors d’un point presse ce jeudi 13 août, un mois seulement après son élection, un premier bilan. "Les élus sont au travail. On va essayer d’être plus transparents et montrer que cette institution est aussi celle des Calédoniens."
Dans un premier temps, Virginie Ruffenach s’est employée à réunir une séance publique, afin d’achever la composition des commissions, à la suite du départ de quatre représentants du Congrès au gouvernement : Johanito Wamytan, Milakulo Tukumuli, Nina Julié et Christopher Gygès. "Quand les commissions sont incomplètes, vous ne pouvez pas les réunir, donc on était dans une situation de blocage." C’est désormais chose faite. À la fois les commissions internes et la commission permanente présidée par Veylma Falaeo ont été complétées.
Cette dernière va ainsi pouvoir se pencher sur le fameux règlement intérieur du Congrès, qui a nécessité sept ans d’élaboration, et dont l’examen, prévu en juin, avait été ajourné [2]. La délibération sera examinée en commission le 17 août, puis en commission permanente, où elle sera "adoptée, je l’espère, le 14 septembre".
Le principal changement : la diminution des délais administratifs. "Les délais de convocation d’une commission ou d’une séance publique sont très longs, ce qui alimente notamment un stock de textes non examinés", explique la cheffe de l’assemblée législative. Il y en aurait aujourd’hui plus d’une centaine en attente. Certains mettent plusieurs années à être adoptés, d’autres, à l’image de la réforme du Ruamm, ne l’ont toujours pas été. "J’ai raccourci ces délais, de façon à pouvoir être en phase avec la population, qui attend qu’on agisse rapidement et efficacement." Dorénavant, un texte déposé sur le bureau du Congrès aura trois mois maximum pour passer en commission.
Autre souhait exprimé : ne pas faire d’obstruction parlementaire. "J’ai proposé comme état d’esprit aux élus de ne pas empêcher que les textes soient programmés." Le règlement intérieur prévoit également d’afficher, chaque trimestre, un bilan des présences et des absences en commission et en séance publique. Par ailleurs, la présidente planche actuellement sur le statut des collaborateurs. "L’idée est d’avoir un statut uniformisé entre les différentes collectivités. Il faut que leur rôle soit bien cadré et clair."
L’autre point à l’ordre du jour : la mission transpartisane Congrès-gouvernement prévue du 31 août au 5 septembre à Paris, marquant "l’entente et la proximité entre les deux institutions". L’ensemble des groupes politiques de l’hémicycle seront représentés. "On a su dépasser les clivages", se félicite Virginie Ruffenach. En prévision, l’exécutif leur exposera donc, le 19 août, lors d’une commission plénière, l’état des finances publiques.
Le rôle de la délégation ? Discuter avec l’État des versements attendus cette année, afin qu’il "honore les engagements pris" - près de 35 milliards de francs sur les 51 milliards prévus par la loi de finances 2026 n’ont pas été versés -, sachant "qu’il nous faudra un peu plus pour terminer l’année", mais aussi obtenir des assurances concernant le projet de loi de finances 2027.
Là aussi, la somme prévue dans le cadre du pacte de refondation - 44 milliards jusqu’en 2030 - ne suffira pas. "Il faut bien cerner nos besoins, faire en sorte que la Nouvelle-Calédonie ne soit pas oubliée, et que Paris soit au rendez-vous d’un accompagnement indispensable. C’est le moment ou jamais que l’État ne nous abandonne pas." Un impératif au vu de la situation économique et sociale. "Certes, il y a un frémissement, on le sent, mais si l’État n’accompagne pas pleinement dans ces deux prochaines années, ça risque de s’effondrer, on en a besoin pour que notre économie puisse redémarrer", insiste Virginie Ruffenach.
En échange, Paris demande à la Nouvelle-Calédonie de réaliser des réformes. Il est question du Ruamm, de la retraite, etc. "Ce sont des sujets sur lesquels nous devrons agir, nous savons que nous allons dans le mur si nous ne réformons pas, reconnaît l’élue du Rassemblement. Mais nous avons déjà produit beaucoup de réformes que l’État n’a pas faites en interne, on n’a pas à rougir." L’objectif, aujourd’hui : parvenir au consensus. "Rien n’a été convenu à ce stade, on travaille encore dessus, mais j’espère qu’on pourra élaborer des réformes partagées avec les groupes indépendantistes."
La situation financière, économique et sociale devrait être, à n’en pas douter, au cœur de la déclaration de politique générale du nouveau président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, qui aura bien lieu, comme annoncée, le 24 août à 14 heures.
La commission d’évaluation des politiques publiques, instaurée lors de la précédente mandature, s’est réunie pour la première fois. Ses membres ont décidé de travailler sur un rapport concernant les mesures de lutte contre l’alcoolisme, afin de juger de leur efficacité. "L’alcoolisme est un fléau, explique Virginie Ruffenach, qui touche toutes les générations et toutes les communautés. L’alcool est en cause dans 80 % des violences intrafamiliales, et c’est un frein économique et sociétal." Les élus vont réaliser un inventaire des textes pris en la matière par la Nouvelle-Calédonie, mais aussi par les autres collectivités et l’État, puis les évaluer.
La présidente de l’institution veut également profiter du déplacement à Paris pour "revenir avec une solution clé en main de vote électronique", "un gage de modernisation et d’efficacité", juge celle qui l’évoquait déjà dans son discours, le jour de son élection, le 31 juillet [4]. Dans ce cadre, le Congrès a signé un partenariat afin d’y travailler avec le Sénat.
Cette évolution ne présente que des intérêts, considère Virginie Ruffenach. "C’est un gain de temps. On n’a plus à faire l’appel, sachant qu’un quart d’heure y est consacré à chaque séance. Ensuite, cela évite d’avoir à énumérer les votes, grâce à un affichage immédiat. Cela permet aussi une meilleure gestion des procurations."
L’assemblée législative propose une nouvelle édition de son événement "Rendez-vous du Congrès", ouvert au public, le jeudi 20 août, de 18 heures à 20 heures, autour des liens entre nature et culture en Nouvelle-Calédonie. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’organisation de la 11e Conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature du 7 au 11 septembre au centre Tjibaou, et qui réunira 24 pays de la région.
Ensuite, le 15 septembre, le rendez-vous s’inscrira dans l’anniversaire du 19 septembre 1940, date du ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre à l’appel du Général de Gaulle, "un moment de témoignages des familles, des descendants des combattants de la Seconde Guerre mondiale", détaille Virginie Ruffenach, annonçant également réfléchir à "d’autres ouvertures du Congrès au public, pour faire revenir les Calédoniens dans ce bâtiment historique. Je souhaite que l’institution soit proche des citoyens."
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/comment-l-eveil-oceanien-et-les-loyalistes-le-rassemblement-ont-trouve-un-accord-de-gouvernance
[2] https://www.lnc.nc/article/congres-la-derniere-seance-de-la-mandature-prevue-a-l-agenda-a-ete-ajournee
[3] https://www.lnc.nc/article/amaury-decludt-on-craint-que-les-financements-de-l-etat-ne-suffisent-pas-a-combler-le-deficit-de-la-nouvelle-caledonie
[4] https://www.lnc.nc/article/virginie-ruffenach-le-choix-d-offrir-a-la-nouvelle-caledonie-la-stabilite-dont-elle-a-tant-besoin
[5] https://www.lnc.nc/user/password
[6] https://www.lnc.nc/user/register
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