
"Quand on part, c’est pour gagner les Jeux, autrement on reste à la maison." À moins d’un an du rendez-vous de Tahiti, Christophe Dabin fixe un cap ambitieux. La Nouvelle-Calédonie entend bien décrocher une quinzième victoire aux Jeux du Pacifique, organisés en Polynésie du 24 juillet au 7 août 2027.
Le président du Comité territorial olympique et sportif (CTOS) revient justement de Polynésie, où il a participé avec Marion Roumagne, chef de mission de la délégation calédonienne, à l’assemblée générale du Conseil des Jeux, du 5 au 7 août. Le déplacement a permis de mesurer l’avancée des préparatifs et d’indiquer les sports dans lesquels la Calédonie compte concourir et une première estimation des effectifs.
À ce stade, le CTOS envisage ainsi d’engager 297 athlètes (contre 277 aux Salomon en 2023). Mais il ne s’agit pas encore des sélections définitives. Les disciplines ont jusqu’au 31 mai 2027 pour remettre leurs listes, qui pourront être validées au fil des mois avant l’annonce de l’équipe définitive, début juin.
La Calédonie prévoit de participer aux vingt-quatre sports du programme. À noter toutefois l’absence des sélections masculine et féminine de basket à cinq, qui n’ont pas obtenu l’une des deux places qualificatives lors de la Melanesian Cup, en octobre 2025 à Honiara. Le pays devrait en revanche être représenté en 3v3.
Rien ne garantit pour le moment que tous les candidats partiront. "Si l’on voit que, dans certaines disciplines, il n’y a pas le niveau, nous prendrons nos responsabilités", prévient Christophe Dabin.
La préparation des athlètes calédoniens reste marquée par les conséquences de la crise de 2024. Compétitions interrompues, déplacements annulés, équipements dégradés, bénévoles découragés… le monde sportif a perdu du temps. Le travail a repris, assure le président du CTOS, mais l’écart n’est pas tout à fait comblé. "Quand on se compare à Tahiti ou à l’Australie, il nous manque bien six mois de préparation."
La Nouvelle-Calédonie restera pourtant l’équipe à battre. Elle a remporté quatorze des dix-sept éditions et terminé en tête du tableau des médailles lors de la dernière édition à Honiara, en 2023, avec 82 médailles d’or.
Mais attention à Tahiti, qui, à domicile, vise un premier succès au classement général. Christophe Dabin cite également l’Australie, annoncée dans douze disciplines, mais aussi Samoa, Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée parmi les adversaires à surveiller.
Le CTOS évalue à 190 millions de francs son budget prévisionnel pour ces Jeux. Son financement n’est pas encore tout à fait assuré, notamment en ce qui concerne les trajets des athlètes vivant en Métropole ou à l’étranger. Le comité sollicite les institutions et relance sa campagne de mécénat. Il rappelle à ce sujet que les dons, qu’ils soient faits par des entreprises ou par des particuliers, donnent droit à une réduction fiscale de 80 %.
À Tahiti, plusieurs établissements scolaires destinés à héberger les délégations sont en cours de rénovation. Quant au calendrier de livraison des équipements sportifs, il est plus serré. Selon les informations présentées au CTOS, le bassin de natation, par exemple, doit être livré fin juin 2027, soit moins d’un mois avant l’ouverture des Jeux.

Parmi les expatriés que le CTOS cherche à mobiliser figure le nageur Maxime Grousset. "Je ne vais pas m’engager formellement, mais dans les dernières discussions que nous avons eues avec lui, ça devrait être bon", indique Christophe Dabin.
La présence de Maxime Grousset, dont ce serait la première participation aux Jeux du Pacifique, paraît désormais compatible avec le calendrier international. Le CTOS redoutait initialement que les Championnats du monde de Budapest se déroulent en même temps que les Jeux du Pacifique. Les épreuves de natation sont finalement programmées du 10 au 18 juillet 2027, soit six jours avant l’ouverture du rendez-vous tahitien.
Sa participation dépendra notamment du déroulement des Mondiaux et de sa préparation pour les Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028.