
Six mois après son départ, Revolut pourrait bien faire son retour sur le Caillou. Si les Calédoniens ne peuvent pas encore rouvrir un compte dans cette banque en ligne, la situation a néanmoins évolué depuis la fermeture du service, le 20 février dernier. Revolut Bank SA a obtenu, vendredi 7 août, un agrément d’établissement de crédit en France [1]. La banque l’a annoncé trois jours plus tard, après un examen de son dossier par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et la Banque centrale européenne.
Jusqu’à présent, ses clients français étaient rattachés à une banque agréée en Lituanie. Au sein de l’Union européenne, cette licence pouvait être utilisée dans les autres pays grâce au "passeport européen". Or, ce mécanisme ne s’applique pas en Nouvelle-Calédonie, ni en Polynésie française, ni à Wallis-et-Futuna, qui sont hors du territoire de l’Union.
Pour proposer des services bancaires dans le Pacifique français, un établissement doit être agréé en France par l’ACPR. C’est l’absence de cette autorisation qui avait conduit Revolut à fermer les comptes de ses clients de la région [2].
Fin décembre 2025, Christopher Gygès avait écrit au ministre de l’Économie, Roland Lescure. Le vice-président du gouvernement, toujours chargé de l’économie, demandait une évolution du droit afin de faciliter l’accès des Calédoniens aux banques et plateformes européennes. "Il y a eu une fin de non-recevoir sur la demande de dérogation", indique-t-il.
Revolut avait toutefois engagé en parallèle une autre démarche pour obtenir sa propre licence en France. L’entreprise avait annoncé son intention de la demander dès mai 2025, sept mois avant le courrier calédonien. La demande d’agrément n’est donc pas le fruit de l’intervention du gouvernement. Celle-ci a surtout permis, selon Christopher Gygès, d’en faire préciser les conséquences pour le Pacifique.
"Quand l’agrément a été obtenu au niveau national, l’État m’a confirmé qu’il était bien applicable à la Nouvelle-Calédonie et à la Polynésie française", rapporte Christopher Gygès, qui précise que Wallis-et-Futuna sont également concernées.
Mais être autorisé ne signifie pas obligation pour la banque de revenir. L’État lui a donc demandé quelles étaient ses intentions. Christopher Gygès affirme que Revolut terminerait d’abord la mise en place de sa banque française avant de travailler sur "une offre zone Pacifique". "Ils ont manifesté un intérêt pour revenir", assure-t-il.
Mais Revolut n’a encore rien annoncé publiquement. La Calédonie, la Polynésie et Wallis-et-Futuna ne figurent toujours pas parmi les lieux de résidence acceptés pour ouvrir un compte [3]. On ignore également ce que comprendrait une éventuelle offre : un compte en euros avec conversion au moment des paiements ou des services adaptés au franc CFP ?
Le nombre d’anciens clients calédoniens n’est pas davantage connu. Christopher Gygès dit ne disposer d'"aucun chiffre". Le vice-président souhaite aussi que l’activité de Revolut contribue à la fiscalité locale. Il compte rencontrer les représentants de la banque lors d’un déplacement à Paris en septembre. "Je ne sais pas encore combien de temps cela peut prendre", reconnaît-il.
Links
[1] https://www.regafi.fr/pages/fiche-banque/?refine.id_referentiel=755631&start=0
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/economie/consommation/retrait-de-revolut-le-gouvernement-caledonien-demande-une-evolution-du-droit
[3] https://help.revolut.com/fr-FR/help/profile-and-plan/profile-plan/verifying-identity/what-countries-are-supported/
[4] https://www.lnc.nc/user/password
[5] https://www.lnc.nc/user/register
[6] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements