
La dette brute du gouvernement fédéral atteignait 71 milliards de francs le 17 juillet. Selon le budget de mai 2026, la dette nette devrait rester à un niveau relativement contenu d’environ 20 % du PIB. Mais c’est au niveau des États que la situation devient véritablement alarmante.
Le Bureau parlementaire du budget prévoit que la dette brute combinée des États et territoires australiens dépassera 47 000 milliards de francs en 2026-2027, contre 19 300 milliards de francs en 2018-2019. Une explosion de la dette en moins de dix ans, alimentée par des programmes d’infrastructure colossaux et des dépenses de soutien au coût de la vie.
L’État porte désormais une dette de 15 600 milliards de francs, soit 30,7 % de son produit d’État brut, le ratio le plus élevé de tout le pays. Son économie est pourtant environ 25 % plus petite que celle de la Nouvelle-Galles du Sud, dont la dette est inférieure. L’agence Moody’s avertit que le Victoria se dirige vers un grave problème d’abordabilité de la dette, avec des coûts d’intérêt qui pourraient absorber un dollar sur dix de revenus de l’État d’ici 2030, contre 3,5 % seulement en 2019.
Le Victoria et la Nouvelle-Galles du Sud portent les charges de dette nominales les plus élevées de toute l’Australie, le service de la dette consumant une part croissante des recettes annuelles qui auraient pu financer des hôpitaux, des écoles et des transports publics. Moody’s note par ailleurs que le conflit en Iran a exercé des pressions supplémentaires sur les budgets des États, le Victoria étant le plus sévèrement touché.
À l’échelle mondiale, le contexte n’est guère rassurant. Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment averti que les gouvernements, dont celui de l’Australie, n’avaient pas suffisamment assaini leurs finances publiques pendant les années relativement calmes qui ont suivi la pandémie.
Aux États-Unis, les politiques fiscales de l’administration Trump devraient faire grimper la dette nette de 100 % à près de 120 % du PIB d’ici 2029. C’est dans ce contexte mondial dégradé que la "boucle infernale" des dettes publiques menace de peser sur la croissance globale, la valeur des monnaies et les capacités des États à investir dans leurs services essentiels.
Pour les Australiens, le message est clair : la facture des décennies de dépenses publiques financées par l’emprunt commencera à se faire sentir de manière tangible dès les prochaines années, à mesure que les coûts du service de la dette évincent d’autres priorités budgétaires essentielles.