
Les éditions Au Vent des îles sortent le premier d’une série de livres dédiés au tatouage en Océanie. L’ancienne directrice du musée de Tahiti et des îles, Anne Lavondès, avait confié plusieurs manuscrits à son ancienne conservatrice, Véronique Mu-Liepmann, qui travaille actuellement à les reprendre, les remettre à jour et les compléter.
Si le Tatouage en Océanie aborde la pratique de manière générale, les suivants seront chacun dédiés à un archipel, aux Gambier, aux Australes, aux Tuamotu et à la Société. L’archipel des Marquises restera absent de la série, même si quelques pages lui sont consacrées dans ce premier ouvrage, pour une bonne raison : "beaucoup de choses ont déjà été écrites sur le patutiki", précise Véronique Mu-Liepmann, ses motifs sont bien connus, contrairement aux dessins et patterns des autres archipels.
"On pense souvent au tatouage marquisien, au moko des maori, mais on oublie que le tatouage était pratiqué dans de nombreux archipels d’Océanie, en Micronésie, en Polynésie et même un peu en Mélanésie." Et chaque endroit a ses propres particularités. "Les îles de la Société, c’étaient des motifs avec des traits, des cercles ; les Australes c’étaient des damiers ; les Gambier des croix, des bandes." Ces différents motifs, décrits dans l’ouvrage, seront détaillés dans les prochains.
Véronique Mu-Liepmann espère que ce livre "montre aux lecteurs que les tatouages sont complètement différents selon les archipels, c’est ce qui est intéressant". Même si, ensuite, dans la fonction du tatouage, on retrouve des similitudes : "Cela permettait de marquer l’entrée de l’individu dans l’âge adulte, son identité, son origine géographique, sa place dans la société, l’illustration des faits importants dans sa vie."
Le tatouage a cette particularité de "laisser peu de traces", les objets sont rares, seuls des croquis ou des gravures et quelques descriptions des récits de voyage ont permis d’en garder une idée. "Ils mettent en évidence, par des recoupements et des comparaisons, le particularisme d’une île ou d’un archipel, les influences ou les persistances, tout autant que l’évolution des modes et des tendances liées aux grands changements culturels."
Ces manuscrits sont le résultat d’un travail de plusieurs années de recherches menées par Anne Lavondès, la première directrice du musée de Tahiti, qui a joué un rôle clef dans la création et l’organisation de cet établissement. Toute sa vie, elle a étudié les objets océaniens anciens, élaborant les premiers inventaires des collections. Elle a publié de nombreux articles et ouvrages sur la Polynésie française et participé à des expositions internationales.
Anne Lavondès, aujourd’hui âgée de 95 ans, vit en France. Et c’est donc Véronique Mu-Liepmann qui a hérité de ses écrits et assure, avec les éditions Au Vent des îles, leur diffusion et publication.
