
La fumée des incendies règne dans une grande partie de l’île de Bornéo, notamment à Palangkaraya, la capitale du Kalimantan central. "C’est dur", a dit Yudho Shekti Mustiko, un responsable du ministère des Forêts.
Mais la saison des feux vient seulement de commencer, et est renforcée cette année par le phénomène climatique El Niño qui accentue la sécheresse. "Nous devons tenir bon, car septembre et octobre vont être très secs", a-t-il ajouté.
La surface brûlée est d’ores et déjà supérieure à celle des précédents épisodes El Niño de 2019 et 2023, mais n’a pas encore atteint le record de 2015, quand des millions d’hectares avaient été ravagés.
Les feux de cette année ont cependant plongé dans la fumée la partie malaisienne de Bornéo, où dans six zones de l’État de Sarawak, les habitants ont été invités à se confiner en raison d’une atmosphère polluée.
À Palangkaraya, le maire a invité la population à se confiner et à porter un masque. Les automobilistes doivent composer avec une très faible visibilité en plein jour.
Le ministre des Forêts, Raja Juli Antoni, a déclaré mercredi que les experts guettaient l’apparition des nuages pour entreprendre des opérations "d’ensemencement", une technique consistant à provoquer artificiellement des pluies en dispersant en altitude des produits comme de l’iodure d’argent.
El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne pendant des mois des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale.
Les experts pointent également les effets de l’intervention humaine. "L’ampleur des feux aujourd’hui est aussi l’héritage de quatre décennies de déforestation, qui ont transformé de vastes zones en barils de poudre", dit David Gaveau, le fondateur du site de surveillance de la déforestation Nusantara Atlas. "Seule la pluie arrêtera les feux, mais c’est improbable avant novembre", ajoute-t-il.