
Au départ, il y a un négociant australien en farine, Ernest Edward Clarke, et la volonté d’encourager l’élevage calédonien. En 1926, il offre un trophée d’une valeur de 9 000 francs-or pour une épreuve réservée aux chevaux nés et élevés sur le territoire. La première Coupe Clarke est née, elle se dispute à l’hippodrome Boutan, à Dumbéa. Turenne en remporte les trois premières éditions.
Un siècle plus tard, la course conserve presque intacte sa règle fondatrice. Dimanche 23 août, elle célébrera ses 100 ans, mais seulement sa 92e édition. La compétition a notamment été interrompue pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de la crise Covid et à la suite des émeutes de 2024.
Neuf courses sont programmées entre 10 heures et 16h25 à l’hippodrome Henry-Milliard. La Coupe Clarke, courue sur 1 600 mètres, partira à 15 heures. La Société sportive de la Nouvelle-Calédonie espère accueillir 3 000 personnes. "C’est la conquête du Graal pour les partants chaque année", souligne son président, Éric Sauvan.
Pour organiser cette journée, il faut compter "au bas mot 15 millions de francs", estime-t-il. La Coupe elle-même est dotée de 2 millions dont 1 million reviendra au vainqueur. Des guichets permettront également de parier sur les courses.
Cette grande fête populaire masque cependant une réalité plus préoccupante. "La filière hippique calédonienne a mis un genou par terre depuis l’épidémie de Covid", constate Éric Sauvan. À une reprise déjà difficile se sont ajoutées les émeutes de 2024 et la crise économique. Le coût des chevaux, de leur entraînement, du matériel et de la venue de jockeys étrangers pèse sur les propriétaires.
Le recul se mesure aussi sur la piste. Il y a sept ou huit ans, les réunions rassemblaient soixante-dix à quatre-vingts chevaux. "Aujourd’hui, on arrive péniblement à soixante", indique le président. La saison 2026 a été ramenée à huit réunions, faute de concurrents en nombre suffisant. Le nombre de juments mises à la reproduction diminue également, ce qui menace les prochaines générations de chevaux nés sur le Caillou. "Il faudra certainement plusieurs années pour que les dommages soient réparés", estime Éric Sauvan.
Pour franchir ce passage à vide, le président évoque "une importation massive de chevaux". L’arrivée de nouvelles juments permettrait notamment d’enrichir les lignées locales. Leurs poulains, s’ils naissent et sont élevés en Nouvelle-Calédonie, pourraient ensuite prétendre à la Coupe Clarke.
Dans l’immédiat, The Star défendra ce dimanche son titre acquis en 2025. Le cheval n’a pas montré les signes les plus rassurants cette saison, reconnaît Éric Sauvan, qui estime néanmoins que sa classe peut lui permettre de terminer dans le tiercé. Storm Dancer, vainqueur de la Clarke Warm Up, et Harry Potter figurent parmi les autres favoris.
10 heures : prix A.C.S., course de stock
10h35 : prix Ourasi, trot sur 2 400 mètres
11h05 : prix Artypo, 1 190 mètres
11h45 : prix Jean-Lèques, 1 190 mètres
Midi : course de poneys Funny Race, 200 mètres
12h30 : prix Roger-Laroque, 1 190 mètres
15 heures : Casinos Coupe Clarke, 1 600 mètres
15h45 : prix Édouard-Pentecost, 2 000 mètres
16h25 : prix Camille-Creugnet, 1 490 mètres
Un village d’exposants et des balades à poney seront proposés dès 9 heures. Le spectacle équestre de Savannah Blaise est annoncé à 12h55 et le concours de chapeaux à 13h15. Entrée : 500 francs. Programme : 500 francs.