
Même si je baigne dans le milieu de l’élevage depuis tout petit, j’ai démarré ma propre exploitation récemment, en 2021, avec un élevage ovin d’une vingtaine de têtes. Je commercialise d’ores et déjà ma production auprès de particuliers, pour des occasions festives principalement. À terme, j’espère avoir un cheptel de 150 têtes. Je dispose de 70 hectares, c’est donc tout à fait envisageable, même si 50 hectares seulement peuvent vraiment être dévolus à l’élevage.
Mes parents sont éleveurs de bovins. Ils ont encore une centaine de têtes. C’est grâce à une donation-partage de leur part que j’ai une parcelle à moi. Sinon, je dois à Philippe Cogulet, un éleveur de renom qui exerce à Poum, près du col d’Arama, de m’avoir donné le goût de l’élevage ovin. Ensuite, j’ai suivi des formations à Port-Laguerre, à Bourail, chez Daniel Guépy aussi à La Foa.
Depuis que je suis enfant, j’ai eu envie de poursuivre l’activité qui était celle de mes parents, avoir un terrain à moi, être au contact de la nature et m’occuper de mes bêtes.
C’est d’actualité, ce sont les feux. C’est un stress permanent et ça nous oblige à un travail incessant de remise en état, notamment pour les clôtures. On doit faire face à des pyromanes qui semblent agir tous les ans, au même endroit. Et à chaque fois, ce sont des ares ou des hectares de pâturage qui partent en fumée.
Je suis topographe à la SLN depuis 2005, après 17 ans passés chez Montagnat comme chauffeur routier. J’ai aussi passé mon brevet de télépilote professionnel à l’Aviation civile en 2019, ce qui est utile dans le cadre de mes missions de topographie.
Je suis fier d’avoir une propriété, une terre sur laquelle je peux entamer cette reconversion en vue de ma retraite. Fier aussi d’avoir appris sur le tas mon métier de topographe au sein de la SLN. C’est une belle évolution de carrière. J’espère prendre ma retraite fin 2027 au plus tard. Je travaillerai alors depuis 40 ans.
Déjà, dans 10 ans, j’espère avoir développé mes compétences d’éleveur et disposer d’un cheptel suffisant pour fournir régulièrement l’Ocef. Pour la transmission, ce sera plus difficile. Mes enfants ne sont pas trop chauds pour reprendre une exploitation. Ils voient combien c’est difficile. Un de mes fils, peut-être, mais c’est loin d’être gagné. Comment leur en vouloir…
Ils m’ont bien aidé. Le personnel dans le Nord a toujours répondu présent pour m’orienter vers les bons interlocuteurs, que ce soit la Davar ou d’autres organismes. Je leur en suis reconnaissant. Et puis, il y a la carte agricole évidemment. C’est une fierté d’en être détenteur.
Plutôt que des outils, ce sont des machines, sans lesquelles je ne pourrais pas exercer mon activité : mon tracteur, un Kubota 50 CV qui fait son âge, mais dont je prends soin, comme c’est le cas de mon pick-up et de mon petit camion.
En fait, ma première pensée va à un cousin, Franck Napoléon, avec qui, justement, j’ai parlé de mon métier récemment. Du coup, ces conversations lui ont aussi donné envie de se lancer. Il a acquis quelques têtes, je lui donne quelques conseils. C’est bien de voir des gars comme lui entreprendre des projets d’élevage dans notre province. Des projets qui contribuent à nourrir.