
À moins de huit mois du premier tour, l’essayiste de 46 ans, connu pour sa fermeté vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine, espère rassembler le camp social-démocrate face à la gauche radicale et l’extrême droite, en tête des sondages. "Je suis candidat pour relever la France parce que vous savez, on a tous une boule dans le ventre quand on regarde ce qu’est en train de devenir notre nation et ce qu’elle pourrait devenir dans les mois qui viennent", a déclaré Raphaël Glucksmann sur la chaîne TF1.
Il participera à la primaire sociale-démocrate organisée en octobre par le Parti socialiste (PS) et son propre parti, Place publique, pour désigner un candidat, a-t-il ajouté. Plusieurs personnalités socialistes se sont déjà dites prêtes à y participer, en attendant la candidature possible du Premier secrétaire du parti, Olivier Faure.
Fort de ses 13,8 % aux dernières élections européennes, Raphaël Glucksmann, encore relativement novice en politique, a multiplié pendant l’été les déplacements dans les régions françaises. Crédité de 10-11 % des intentions de vote, il apparaît comme le mieux placé dans l’espace social-démocrate, mais reste distancé par Jean-Luc Mélenchon (15 %), leader de la formation de gauche radicale La France insoumise (LFI).
Réaffirmant son hostilité à LFI, "avec qui il n’y aura plus jamais d’accord (s’il) gagne la primaire", Raphaël Glucksmann a tendu la main aux Écologistes, "qui ont eu raison avant tout le monde sur la catastrophe climatique que nous sommes en train de vivre", et aux communistes, avec qui il reconnaît "un objectif commun, qui est la réindustrialisation du pays".
Dans son programme, a-t-il dit, son obsession sera d’augmenter "la rémunération nette des travailleurs" par une "baisse des prélèvements sociaux" sur les salaires. Celle-ci serait financée "en taxant davantage les méga-héritages, les 1 % les plus gros".
Raphaël Glucksmann, qui défend une ligne pro-européenne, est soupçonné par certains à gauche d’un virage vers le centre, ce qu’il dément. Le fils du philosophe André Glucksmann souffre aussi d’une image élitiste loin des préoccupations des Français, lui qui a forgé ses premières expériences politiques en Géorgie, aux côtés du président Mikheil Saakachvili.
Sa candidature devrait avoir pour conséquence la mise en retrait de sa compagne Léa Salamé, qui présente le journal télévisé du soir sur la chaîne publique France 2.
Alors qu’Emmanuel Macron ne peut se représenter après 10 ans au pouvoir, la liste des candidats déclarés ou pressentis ne cesse de s’allonger.
En tête des sondages pour le premier tour, le 18 avril, la cheffe de file du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a officialisé sa candidature début juillet après avoir été condamnée en appel pour détournement de fonds européens, la réduction de sa peine inéligibilité lui permettant de se présenter.
Le centre est représenté par deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Gabriel Attal, tandis qu’au sein de la droite traditionnelle, l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a été désigné candidat par son parti.