
Le mercredi 26 août, Mereana Reid Arbelot partage une lettre ouverte, cosignée par plusieurs autres parlementaires, dont Emmanuel Tjibaou, et destinée à Naïma Moutchou. Cette missive qui interpelle la ministre des Outre-mer porte sur l’égalité des chances des candidats ultramarins aux examens et concours nationaux et notamment les épreuves écrites de l’examen d’accès au centre régional de formation professionnelle d’avocats (CRFPA), prévues de 1er au 4 septembre. "En raison de la simultanéité des épreuves avec l’Hexagone, les candidats devront commencer à composer à 1 heure du matin à Papeete. Pour l’épreuve de note de synthèse, d’une durée de cinq heures, les candidats polynésiens composeront ainsi jusqu’à 6 heures." Une organisation qui "place objectivement les candidats du Pacifique dans des conditions de fatigue, de concentration et de vigilance moins favorables que celles de leurs homologues de l’Hexagone", et "susceptible de compromettre leurs chances de réussite".
Dans le cadre d’un concours, cette inégalité organisationnelle prend d’autant plus de place et d’importance, explique la députée, pour qui le sujet ne doit plus être écarté : "On ne va pas lâcher le morceau. Beaucoup de candidats nous contactent pour nous dire que ce n’est pas équitable, et surtout que c’est difficile de passer des concours de nuit. Et quand on donne des conditions différentes, on ne peut pas dire que le concours est valable, puisqu’on n’est pas sur les mêmes horaires de composition." "Une égalité purement formelle des horaires peut ainsi créer une inégalité très concrète dans les conditions de réussite", précise encore la lettre à la ministre.
Si un arrêté du 2 mars a pourtant prévu pour ce concours CRFPA des horaires locaux adaptés pour les Antilles, la Guyane ou encore La Réunion, aucune solution comparable n’a été pensée pour la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. La lettre rappelle qu’au-delà de cette session, cette situation révèle une difficulté récurrente pour les étudiants et candidats de l’ensemble des territoires ultramarins, comme l’exprime Mereana Reid Arbelot : "Les Outre-mer sont souvent oubliées dans toutes les décisions publiques ou politiques, donc on est là pour rappeler qu’on existe, particulièrement les territoires du Pacifique."
Afin que Naïma Moutchou puisse "intervenir sans délai" auprès du garde des Sceaux et du ministre chargé de l’Enseignement supérieur, les signataires ont adressé quelques propositions de pistes de travail visant à répondre à cette problématique, parmi lesquelles la mise en place d’horaires locaux compatibles avec le rythme normal de veille, la création de sujets distincts garantissant un niveau de difficulté équivalent, ou bien des dispositifs sécurisés de confinement ou de mise à l’isolement lorsque la confidentialité des sujets l’exige.
La prise en compte systématique des décalages horaires ultramarins lors de la fixation des calendriers nationaux y est aussi mentionnée, ainsi que la désignation, au sein de chaque ministère organisateur, d’un référent "chargé de vérifier les conditions matérielles proposées aux candidats ultramarins". Selon Mereana Reid Arbelot, qui se dit "disponible pour travailler" sur le sujet, "chacun doit faire sa part".