
Réunis dans le cadre de la REF, Rencontre des entrepreneurs français, les représentants de sept candidats déclarés à la présidentielle, Bruno Retailleau, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann, et Marine Le Pen, ont défendu leur vision respective de l’avenir économique des Outre-mer.
Face à eux, des entrepreneurs en attente "d’action", a souligné Bruno Blandin, coprésident du Comité Outre-mer du Medef. "Nous avons suffisamment diagnostiqué, expérimenté et attendu. Le prochain quinquennat devra être celui de l’action." D’autant que pour Bruno Blandin, si les situations divergent en fonction des territoires, "les messages, eux, convergent". "Nos entreprises ont besoin de visibilité, de stabilité, de simplification et de confiance pour investir et se développer", a-t-il insisté, soulignant les "handicaps structurels" que sont les délais de paiement ou encore l’emploi des jeunes. "Nous proposons de travailler à nouveau sur un pacte pour l’emploi des jeunes dans les Outre-mer, construit avec les entreprises adaptées aux besoins de chaque territoire."
Bruno Blandin a également plaidé pour une simplification de la fiscalité, afin qu’elle soit "lisible et attractive, afin d’encourager la prise de risque". Et pour aider au développement économique des collectivités ultramarines, le représentant du Medef a évoqué la réalisation, dans les cent premiers jours du prochain mandat présidentiel, d’une "véritable loi d’orientation et de programmation pour les Outre-mer, qui donne un cap sur cinq ou dix ans, construite avec les territoires et avec les entreprises".
Pour la représentante de Bruno Retailleau (Les Républicains), Jacqueline-Eustache Brinio, le principal enjeu est de sortir d’une logique reposant trop largement sur les financements publics. "Il va falloir que nous apportions des solutions, peut-être innovantes, qui vont peut-être bousculer", a-t-elle estimé, plaidant pour davantage de soutien aux entreprises et pour la création d’emplois, afin de permettre aux jeunes ultramarins de rester dans leurs territoires. La question de la sécurité et de l’immigration fait également partie, selon elle, des sujets incontournables.
Le représentant d’Édouard Philippe (Horizons), Jean-Claude Beaujour, a défendu une stratégie fondée sur la stabilité fiscale, l’investissement et l’attractivité, avec une trajectoire à cinq ans et le développement du financement des entreprises. "Nous souhaitons qu’il n’y ait pas de présidentielle sans les Outre-mer", a-t-il affirmé, appelant à changer le regard porté sur ces territoires et à valoriser leurs potentiels dans le maritime, la géologie ou encore l’innovation.
Pour Gabriel Attal (Renaissance), représenté par le député Jean-Luc Fugit, les mots d’ordre sont "liberté, investissement, ambition". Le parti propose notamment un grand plan d’investissement élaboré avec les territoires, donnant aux entreprises une visibilité sur cinq ans et davantage de liberté dans la définition des priorités locales. "Nous voulons faire avec les Outre-mer et non pas faire pour", a-t-il résumé.
Le député de La Réunion Perceval Gaillard, représentant Jean-Luc Mélenchon (LFI), a insisté sur la justice sociale, la relance économique et la transition écologique, en mettant en avant les difficultés structurelles des économies ultramarines. La France insoumise propose notamment une hausse du Smic à 1 700 euros, un encadrement des prix, un vaste programme de logements sociaux et une accélération des investissements dans les énergies renouvelables.
Les Écologistes, représentés par Kenzy Gauthierot pour Marine Tondelier, défendent pour leur part un renforcement du développement endogène et de l’autonomie économique des territoires. "Sans vous, il n’y a pas de richesse qui se crée et qui est valorisée", a-t-il lancé à l’adresse des entrepreneurs ultramarins.
Temanuata Girard, représentante de Raphaël Glucksmann (Place publique), a insisté sur la nécessité de tenir compte de la diversité des territoires ultramarins, de leur statut et de leur potentiel respectif. Le Parti socialiste, par la voix d’Olivier Nicolas, a de son côté appelé à tirer les leçons de vingt années de politiques publiques qui, selon lui, n’ont pas permis de résoudre les difficultés persistantes. "Nous sommes encore là à parler de problèmes qui existaient il y a vingt ans", a-t-il déploré.
Enfin, André Rougé, représentant de Marine Le Pen (RN), a dénoncé "l’abandon" des Outre-mer par les gouvernements successifs et défendu une ambition visant, à terme, leur autonomie économique et leur transformation en hubs économiques régionaux. Pour le Rassemblement national, les territoires doivent notamment "retrouver de l’air, retrouver de l’eau, retrouver de l’ordre et surtout retrouver de la confiance".
Sur la Nouvelle-Calédonie, représentée notamment par Bertrand Courte, président du Medef-NC, qui a fait l’objet d’un point particulier, il a notamment été question de stabilité politique. "Il va bien falloir que tout le monde se mette autour de la table pour arriver à la stabilité politique qui va rassurer tous les partenaires", a martelé la sénatrice LR Jacqueline Eustache Brinio. "Cette stabilité politique s’impose, parce qu’on ne fait pas de développement économique s’il n’y a pas de stabilité politique", abonde Jean-Claude Beaujour (Horizons).
"Si nous sommes élus, il y aura un référendum dans les trois mois, national puis local, sur la question de l’indépendance", a rappelé Perceval Gaillard, reprenant l’annonce faite par Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting à Saint-Denis. " Quel que soit le résultat de ce référendum, il y aura de toute manière des relations à avoir avec la Nouvelle-Calédonie ", a-t-il ajouté, s’engageant à ce que la France se fournisse en nickel calédonien.
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