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[MAGAZINE] Génétique bovine : de nouvelles perspectives
La Calédonie Agricole / Géraldine Lefèvre | Crée le 30.08.2026 à 08h00 | Mis à jour le 30.08.2026 à 08h00

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Les savoir-faire calédoniens en matière de génétique et des modes d’élevage intéressent des éleveurs dans les Outre-mer. Photo Upra bovine
En février, le Salon international de l’agriculture (SIA) a permis de renforcer des partenariats de deux ordres, à la fois autour de l’export de la génétique et sur la sélection des vaches brahman, égéries du salon 2026. Un article de notre partenaire La Calédonie agricole, le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche.

Dans un contexte de changement climatique et de crise économique, chaque acteur des filières bovines, en Europe ou en Nouvelle-Calédonie, cherche des pistes d’adaptation et des solutions. Peut-être des opportunités de nouveaux débouchés à l’export pour la filière bovine locale ? L’expertise calédonienne, tant en termes de génétique que pour des méthodes d’élevage en milieu tropical, avec notamment la race brahman, est des plus recherchées.

Un savoir-faire en matière de tropicalisation des cheptels

"Depuis 4-5 ans, souligne Vincent Galibert, responsable du pôle Animal de la Chambre d'agriculture et de la pêche, l’Hexagone se rapproche des acteurs calédoniens pour échanger sur les savoir-faire en matière de génétique et des modes d’élevage. Nous avons réellement une carte à jouer pour notre expertise, dans l’adaptation des animaux à notre environnement chaud, nos solutions de tropicalisation des cheptels, notre approche de lutte intégrée contre la tique. Et le Salon de l’agriculture a permis de mettre en avant cette technicité."

Par ailleurs, l’élevage de la race brahman en Nouvelle-Calédonie intéresse à plus d’un titre les acteurs français, notamment antillais, et aussi européens. C’est une race adaptée au changement climatique. "Les caractéristiques de la Brahman peuvent montrer la voie dans des nouveaux schémas de croisement de races bovines mieux adaptées à une France confrontée à des hausses majeures de température moyenne d’ici 2100". L’association nationale des Groupements de défense sanitaire France a réuni les structures ultramarines, pour faciliter un partage des connaissances et d’expertise sur cette race, ses nouveaux schémas de croisement et construire une approche filière par territoire.

Une expertise de la génétique

"En Nouvelle-Calédonie, explique Pierric Arnoux, directeur de l’Upra bovine, nous utilisons des génétiques européennes et australiennes. Chaque race est gérée au sein d’un herd-book, dont l’organisation et les critères sont largement inspirés de ceux des races métropolitaines, tant pour la définition des standards raciaux que pour le suivi des contrôles de performance. Cette structuration renforce notre crédibilité auprès de nos partenaires internationaux. Elle repose à la fois sur le nombre important d’animaux référencés dans nos bases de données et sur la qualité des informations collectées dans les élevages, notamment les données de phénotypage et de contrôle de performance." C’est dans ce contexte que l’organisme de sélection (OS) national Brahman, basé en Martinique, a manifesté son souhait de développer un partenariat avec le Caillou. Ce rapprochement permettrait de valoriser les données produites dans le Pacifique tout en confortant le statut de l’OS national Brahman, en élargissant son périmètre d’action et sa base de référence à l’échelle ultramarine.

Des pistes d’export

Autre enjeu : l’export. "Dans le cadre du plan de relance de la filière, souligne Vincent Galibert, il est important de rechercher de nouveaux débouchés, notamment dans un contexte de baisse locale de la consommation de viande (15 à 20 %). La crise économique touche la filière bovine et l’exportation de la génétique calédonienne est une piste et une opportunité."

"Même si elle est au stade de l’expérimentation, précise Pierrick Arnoux, le marché européen reste faible pour l’exportation de génétiques [semences et embryons] : il y a davantage d’opportunités vers le Pacifique. C’est une piste à explorer et développer." Il existe en effet des demandes du Vanuatu, de Fidji et de la Polynésie française : "Nous travaillons déjà avec cette dernière pour la mutualisation de commandes auprès de la Métropole et l’export de taureaux. Il est aussi envisagé de grouper des commandes avec la Guyane et la Martinique, ce qui permettra de développer et renforcer les partenariats avec les Australiens, à l’échelle mondiale."

À moyen terme, une réflexion pourrait être engagée sur ce sujet entre la Nouvelle-Calédonie, la Guyane et la Martinique. "En consolidant nos besoins, nous pourrions présenter des volumes plus significatifs aux centres de collecte australiens, pour lesquels nos commandes individuelles restent aujourd’hui trop limitées pour constituer un marché prioritaire."

L’expertise calédonienne n’est plus à démontrer : le travail, depuis de nombreuses années, des acteurs de la filière, du pôle Animal de la CAP-NC et de l’Upra bovine porte ses fruits. Pour autant, les marchés sont encore des niches qu’il faut désormais développer. Le SIA aura permis de mettre en lumière la technicité des Ultramarins, de la Martinique en passant par la Guyane, jusqu’à la Nouvelle-Calédonie. Ces îles "loin de tout", qui ont su s’adapter pour apporter des solutions d’avenir.

L’organisme de sélection Brahman

L’Union des éleveurs de bovins brahman de Martinique (Uebbm) a été créée en 2000 avec pour objectif de réhabiliter la race brahman dans l’élevage martiniquais pour son adaptabilité aux saisonnalités extrêmes. Depuis 2007, elle a évolué en organisme de sélection Brahman (UEBB), avec la volonté de développer et promouvoir une race performante de bovin allaitant rustique français bien adapté aux zones tropicales. Cet agrément en tant qu’OS a été obtenu en 2008 et renouvelé en 2014, puis en 2020 à la suite de l’entrée en vigueur du règlement zootechnique européen.

L’Upra Bovine

Créée en 1982, l’association, reconnue par le gouvernement comme organisme professionnel agricole de sélection génétique, regroupe plus de 180 éleveurs bovins. Ses principales missions sont :

  • Organisation de la sélection des races bovines
  • Organisation de la qualification des reproducteurs
  • Diffusion du progrès génétique
  • Conseil, information et promotion du travail des éleveurs

Note

Retrouvez le magazine en ligne sur le site de la Chambre d'agriculture et de la pêche. [1]

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