
Les dirigeants des îles du Pacifique se réunissent depuis ce lundi 31 août aux îles Palaos pour un sommet où les tensions entre Taïwan et la Chine risquent d’occulter les priorités régionales comme le changement climatique.
Les îles Palaos, hôtes cette année du Forum des îles du Pacifique composé de dix-huit membres, font partie des trois derniers États de la région à reconnaître Taïpei au grand dam de Pékin.
La Chine, Taïwan et les États-Unis figurent parmi les partenaires invités au forum, mais pas à la réunion des dirigeants. Pékin, qui revendique la souveraineté de Taïwan, a protesté contre l’invitation de l’île.
L’année dernière, l’opposition de la Chine et des îles Salomon, alors organisatrices, avait abouti à l’exclusion de Taïwan et de toutes les parties extérieures à la région.
La Chine a riposté à l’arrivée dimanche sur place du ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, en déclarant que les îles Palaos étaient un lieu "dangereux" pour les voyageurs, a rapporté le président de l’archipel, Surangel Whipps.
Les touristes chinois représentent la majorité des visiteurs aux Palaos, selon les données disponibles.
En réponse, l’ambassade des États-Unis a accusé la Chine de tenter de "se servir du tourisme comme d’une arme pour faire pression sur les Palaos".
"Le Pacifique est notre foyer, pas un théâtre de rivalités géopolitiques", a tempéré dimanche M. Whipps lors d’une interview.
Il a au contraire rappelé les priorités des îles du Pacifique, à savoir le changement climatique, la lutte contre le trafic de drogue et la sécurité alimentaire.
Les populations insulaires sont également confrontées à la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
La sécurité devrait également figurer en bonne place des discussions. Des policiers issus de plusieurs nations assureront d’ailleurs la sécurité du forum, ce qui constitue la première manifestation d’ampleur de la coopération policière à l’échelle du Pacifique.
L’Australie, plus grand pays membre, œuvre pour une plus grande autonomie de la région en la matière, estimant par exemple que la Chine n’a pas à disposer de forces de police à Kiribati et aux Îles Salomon.
Les dirigeants doivent également discuter d’une réponse maritime régionale face à la montée de la criminalité liée au trafic de drogue.
Le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau et le commandant de la garde côtière américaine, l’amiral Kevin Lunday, arriveront lundi aux îles Palaos afin de renforcer les liens avec les pays de la région avant de se rendre aux Îles Salomon et Kiribati.
Le chef d’État des Kiribati, proches de Pékin, sera absent du sommet et le Premier ministre des Îles Salomon a dû se rétracter au dernier moment en raison d’une crise politique intérieure.
Les îles Salomon étaient le partenaire le plus proche de la Chine dans le Pacifique, jusqu’à la récente élection d’un Premier ministre qui s’est engagé à réexaminer un pacte de sécurité et à rétablir des relations avec les États-Unis et l’Australie.
Si le changement climatique doit rester la priorité du forum, l’essai de missile balistique mené par la Chine dans la région le mois dernier pourrait encore faire des remous.
Le forum n’a pas publié de déclaration commune après cet essai en raison de l’opposition des Kiribati et de Nauru. Les dirigeants doivent en rediscuter lors du sommet, a indiqué M. Whipps.