
Reynald Temarii devrait bien avoir à s’expliquer à la barre. Selon le journal Le Monde, le parquet national financier a rendu son réquisitoire définitif et demandé le renvoi de personnes impliquées dans le volet polynésien du "Qatargate" devant le tribunal correctionnel.
Il s’agit de l’ex-président de la Fédération tahitienne de football (FTF) alors aussi président de la confédération du football d’Océanie (OFC) et vice-président de la Fifa Reynald Temarii, qui avait été mis en examen en 2023 pour "corruption privée passive" ; du consultant Jean-Charles Brisard et son épouse et ex-avocate de Reynald Temarii Géraldine Lesieur, eux aussi mis en examen en 2023. Le parquet national financier demande leur renvoi devant le tribunal pour "escroquerie et recel de corruption". La quatrième personne visée est le milliardaire qatari Mohamed Ben Hammam, ex-vice-président de la Fifa et ex-patron de la confédération asiatique de football, mis en examen pour "corruption privée active".
L’affaire remonte à 2010, alors que le Sunday Times révèle avoir enregistré, en caméra cachée, Reynald Temarii, alors président de l’OFC, et un autre responsable de la Fifa en train de monnayer des promesses d’investissements contre un soutien pour le Qatar comme pays organisateur de la Coupe du monde de la Fifa de 2022.
Reynald Temarii a toujours démenti, parlant de "montages de tabloïd" anglais, qui ne reflétaient pas la réalité. Mais le Tahitien avait été suspendu par la Fifa pour avoir violé les règles de déontologie. L’OFC devait donc se choisir un autre représentant pour la réunion du comité d’attribution de la Coupe du monde. Mais à la veille du vote, Reynald Temarii avait fait appel de sa sanction, privant donc la confédération océanienne d’une possibilité de remplacement au comité. Et épargnant le Qatar d’une éventuelle voix contre sa candidature.
La justice française soupçonne le milliardaire qatari Mohamed Ben Hammam d’avoir tenté de "neutraliser un vote favorable aux concurrents du Qatar", en payant les frais de défense de Reynald Temarii (305 000 euros, soit 36 millions de francs) devant le comité d’éthique de la Fifa.
Selon Le Monde, ce volet polynésien de l’affaire du "Qatargate" pourrait donc faire l’objet d’un procès en correctionnelle. Les juges d’instruction doivent désormais rendre leur ordonnance de clôture. Ni Reynald Temarii ni son avocat n’étaient immédiatement disponibles pour un commentaire.