
Sept ans après son adoption, le cahier des charges des œufs fermiers fait peau neuve. Élaboré "pour promouvoir l’élevage de poules pondeuses et répondre aux attentes croissantes des consommateurs en termes de bien-être animal, de conditions de production ou encore de traçabilité des produits", rappelle Joelle Metua, technicienne démarches qualité au sein du pôle Alimentation et développement durable de la CAP, ce référentiel intégré au label certifié authentique n’a pourtant enregistré aucun producteur certifié depuis sa création. "De 2019 à 2024, nous n’avons eu aucun certifié. Il était donc temps de comprendre ce qui bloquait et d’échanger avec les professionnels."
Pour identifier les difficultés rencontrées sur le terrain, deux groupes de travail ont été organisés en mars, puis en mai 2025, avec les éleveurs et le SQA. Une première réunion a permis de recenser les points jugés trop contraignants du cahier des charges. La seconde a été consacrée à la recherche de solutions et à la rédaction de propositions d’évolution. La nouvelle version est désormais en voie de validation par les organismes dédiés. Malgré cette phase réglementaire encore en cours, un premier éleveur candidat à la certification a déjà pu être audité en mai avec l’accord de l’Agence rurale, organisme de gestion des Signes d’identification de qualité et d’origine (Siqo). "Nous sommes maintenant dans l’attente du comité de certification", précise Joelle Metua.

Cette avancée marque également le début d’une phase d’information auprès des producteurs utilisant déjà certaines mentions protégées sur leurs emballages. En effet, dès lors qu’un premier aviculteur sera certifié, les termes œufs fermiers, œufs de poules élevées en plein air ou encore œufs plein air, protégés par la loi de pays, ne pourront plus être utilisés librement. "Nous sommes avant tout dans une logique de prévention et d’accompagnement. Les éleveurs ont le temps de s’informer et d’écouler leurs stocks d’étiquettes", rassure la technicienne. Pour ceux qui souhaitent se lancer, la CAP propose un accompagnement gratuit. Une visite de l’exploitation permet de réaliser une simulation d’audit.
Au-delà de la reconnaissance officielle, la certification constitue un véritable outil de professionnalisation. Les critères portent notamment sur l’alimentation des animaux, la densité d’élevage, les conditions de plein air ou encore la traçabilité des produits. "Le label permet de valoriser le travail des éleveurs et de les accompagner dans la commercialisation de leurs produits", précise la technicienne. Avec cette révision du cahier des charges, la filière espère désormais voir émerger les premiers producteurs certifiés.