
Rapprocher les industriels des Calédoniens, c’est l’objectif de la Semaine de l’industrie organisée par la Feinc depuis treize ans. La Fédération des entreprises et industries de Nouvelle-Calédonie entend ainsi "mettre en valeur l’industrie de la transformation", introduit Marie-Amélie Molia, vice-présidente, et permettre aux industriels de "faire découvrir leurs outils à la population", notamment à travers les visites d’entreprises programmées pendant l’événement, à la fois en direction des scolaires, mais aussi du grand public, que ce soit dans le secteur de l’agroalimentaire avec la GBNC, les Cacaos du Pacifique, Socalait, etc., les biens de consommation avec Vega, l’énergie avec Total, la métallurgie, ou encore les produits du bâtiment.
Il faut dire que la relation est parfois houleuse entre les Calédoniens et la production locale. Que ce soit concernant la qualité des produits, mais aussi leur encadrement, notamment autour de la question des effets des mesures de protection de marché. L’audit commandé sur le sujet par le gouvernement l’année dernière a d’ailleurs été rendu.
L’évènement donne donc l’occasion de mettre en avant "les compétences des Calédoniens qui travaillent dans ces usines", commente Marie-Amélie Molia, ainsi que les parcours professionnels et "les constructions de carrière" qui s’y développent au fil des ans. De quoi donner envie de s’engager dans ces métiers, voire "d’encourager de nouvelles initiatives, d’autant qu’on a besoin de diversifier et de dynamiser l’économie".

Et pour montrer "la variété des produits fabriqués sur le territoire, que méconnaissent encore beaucoup de Calédoniens", la Feinc a imaginé une boutique éphémère, en place pendant deux semaines, du 7 au 19 septembre, dans la galerie Centralma, une vitrine des produits locaux. Artisanat, cosmétique, bijoux, livres, textile, hygiène et entretien, alimentation… tout ce qui constitue "l’industrie, qui représente le savoir-faire de la fabrication, qu’elle soit industrielle ou artisanale". Et c’est cet ensemble d’activités, ajoute Marie-Amélie Molia, par ailleurs directrice "corporate affairs et RSE" à la GNBC, qui "forme un écosystème de création de valeurs primordial pour la Nouvelle-Calédonie, participant à éviter l’effondrement de l’économie, puisque l’industrie est créatrice d’emplois".
Aujourd’hui, le secteur repose sur 3 107 entreprises et 11 758 salariés, pour 8,6 % du PIB, selon des données Isee de fin 2025, citées par la Feinc. Touché par la Covid et les émeutes, il peine à se relever, analyse Marie-Amélie Molia, qui note cependant une volonté des acteurs sur le terrain. "On ne peut pas parler de relance. Néanmoins, des initiatives et des investissements sont réalisés, il y a des chefs d’entreprise qui y croient et continuent de développer des produits, des marchés. Il faut maintenant que la volonté politique accompagne cet élan."

La Feinc plaide pour la définition d’une stratégie industrielle. "Les investisseurs ont besoin d’avoir confiance, de se sentir soutenus, d’avoir une politique fiscale sur les charges sociales des entreprises, un cap et une vision pour investir et créer de l’emploi de manière pérenne." Cela passe aussi par le développement de la formation, les industriels rencontrant des difficultés pour recruter, précise Marie-Amélie Molia. "Beaucoup peinent à trouver des employés qualifiés, quand il s’agit de domaines vraiment spécifiques." Dans ce cadre, la Feinc et l’IUT planchent sur la création d’un BUT génie électrique et informatique industrielle automatisation à la rentrée 2027, en collaboration avec les professionnels, afin de "répondre à un besoin en compétences sur les sujets de la maintenance et de l’automatisation particulièrement, qui est un besoin prégnant dans la très large majorité des industries".