
Cette décision du haut-commissariat n’est pas étrangère à la récente actualité liée aux armes à feu. L’arrêté évoque les coups de fusil tirés par un homme alcoolisé à son domicile familial à Bourail ainsi que, dans la même nuit du 21 août, sur la commune du Mont-Dore, les tirs d’un autre individu alcoolisé avec une carabine en direction de trois nakamals [1], "excédé par le bruit en provenance de ces établissements".
La mesure est également expliquée par le fait que "la délinquance constatée en Nouvelle-Calédonie, et plus particulièrement dans l’agglomération du Grand Nouméa est toujours prégnante". Il est question de vols, de jets de projectiles, du "nombre croissant d’entraves sur la voie publique ces dernières semaines", ou encore du "nombre important d’armes à feu dérobées lors de cambriolages, et de la hausse constante des refus d’obtempérer sur l’ensemble du territoire", tout cela dans un "contexte de tension et d’hostilité à l’encontre des forces de l’ordre".
Par conséquent, Jacques Billant, le haut-commissaire, considère que, "eu égard à la gravité des atteintes à la sécurité et à l’ordre public, il y a lieu de maintenir les mesures restrictives relatives à la détention et à l’utilisation d’armes et munitions".
Le représentant de l’État a donc pris un arrêté limitant à cinquante par mois le nombre de munitions de catégorie C que les personnes ayant un permis de chasser peuvent acheter, quel que soit le nombre d’armes détenues. Le texte précise aussi qu’il faut présenter un titre d’identité et un récépissé de déclaration de l’arme pour pouvoir s’en procurer. De son côté, l’armurier se doit de consulter le Fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes (Finiada).
Cette restriction, qui s’applique jusqu’au 30 septembre inclus, ne concerne pas les tireurs sportifs détenteurs réguliers d’armes de catégorie C.