
La cité-État a justifié les salaires élevés de ses dirigeants politiques en affirmant qu’ils permettaient d’attirer les talents et de garantir une bonne gouvernance, le pays figurant régulièrement parmi les moins corrompus au monde.
La question reste néanmoins politiquement sensible, dans un pays où les salaires des ministres dépassent de loin ceux de la plupart des citoyens ordinaires.
Le gouvernement singapourien, composé de 21 membres, ne compte par ailleurs aucun partisan de l’opposition, et le Parlement est dominé par le Parti d’action populaire (PAP), au pouvoir depuis 1959.
Le Premier ministre Lawrence Wong a déclaré devant le Parlement, le mardi 8 septembre, que, dans le cadre de cette révision, son salaire annuel de référence passerait de 2,2 millions de dollars singapouriens à 3,6 millions de dollars singapouriens (plus de 285 millions de francs).
Celui du vice-Premier ministre passerait de 1,8 million à 3 millions de dollars singapouriens (près de 240 millions de francs). Les salaires annuels des ministres du gouvernement varieront entre 1,80 et 2,88 millions de dollars singapouriens (près de 233 millions de francs), en fonction de leur ancienneté, contre 1,1 million à 1,7 million auparavant.
Lawrence Wong a toutefois précisé qu’il prévoyait de reverser l’intégralité de cette augmentation à des "causes caritatives appropriées" lors de son mandat.
Même sans cette augmentation, la rémunération du dirigeant singapourien dépassait déjà largement celle de nombreux autres dirigeants, y compris le salaire officiel du président américain et celui des dirigeants du G7.
"Les rémunérations des élus constituent un sujet délicat et sensible, a admis Laurence Wong. Les sommes en jeu sont supérieures à ce que la plupart des citoyens gagnent, donc je comprends pourquoi les Singapouriens les examinent attentivement et pourquoi beaucoup y sont très sensibles, a-t-il déclaré. Notre point de départ est le suivant : un bon gouvernement dépend d’un bon leadership."
Les propositions d’augmentation de salaires ont été faites par un comité indépendant. Les salaires politiques à Singapour n’avaient pas été modifiés depuis 15 ans, la dernière fois après une réduction drastique intervenue après un revers électoral majeur du PAP au pouvoir.