
Les Francofolies, c’est un festival vieux de 40 ans à La Rochelle, en France. C’est un festival qui, contre vents et marées, Covid (2020), tempêtes (2023) et émeutes (2024), tente de s’implanter sur le Caillou. C’est une marque, avec de nombreuses déclinaisons dans des pays francophones. Mais c’est aussi un levier pour de jeunes artistes, ainsi qu’un outil de médiation culturelle pour les territoires qui l’accueillent.
Cette dernière partie n’était pas encore déployée sur le Caillou, et cette édition 2026 marque le début d’une nouvelle ère pour les Francofolies de Nouvelle-Calédonie. "C’est un festival avec beaucoup d’artistes et de talents, introduit Chris Tateossian, directeur de l’événement. C’est aussi l’occasion de faire rencontrer ces artistes à d’autres publics et de travailler sur l’éducation culturelle. "
Jok’Air distribue une bande dessinée dans une école de Kaméré, Helena va à la rencontre des élèves de l’école Yvonne-Dupont. Le lycée Escoffier est missionné pour assurer les repas des artistes et gérer la logistique, des jeunes Nouméens et Dumbéens visitent le site des concerts "pour en apprendre davantage sur les métiers d’un festival", Pierre Pauly, directeur artistique des Francofolies de La Rochelle, rencontre des jeunes accompagnés par l’association Adamic… Le guitariste de Jean-Louis Aubert, Thomas Semence, est allé de sa propre initiative rendre lui aussi visite à des établissements scolaires dans le cadre de son album L’École des fables, des chansons pour enfants. "Il va très souvent jouer dans les écoles, appuie Jean-Louis Aubert. Nous, avec d’autres artistes, on participe à ses chansons, on chante un couplet. "
L’éducation culturelle par des organisateurs d’événements, si elle est appliquée depuis plusieurs années par certains organismes culturels en Nouvelle-Calédonie, reste encore balbutiante. À La Rochelle, elle est mise en place depuis plusieurs années à travers divers modules, et l’équipe calédonienne a bien l’intention de s’emparer de ces outils pour les utiliser sur le Caillou. Comme le projet, pour 2027, d’ateliers d’écriture en parallèle du festival, "pour intéresser les jeunes à l’écriture, lutter contre l’illettrisme…".

Les Francofolies, c’est également un tremplin pour les musiciens et musiciennes du cru. Cette année, ce sont Mayura, Kubi, Guillaume Amarnier et le groupe Red Lemons qui vont côtoyer les stars invitées. "Cela leur permet de jouer sur une très belle scène, et de venir peut-être convaincre un public qui n’est pas forcément acquis au départ, estime Chris Tateossian. On fait aussi partie d’un réseau international, avec l’association Les Francofolies autour du monde. Nous essayons de défendre chacun des artistes que nous avons identifiés, repérés, pour faire en sorte qu’ils tournent dans ces autres Francofolies." Dans le public, le directeur artistique Pierre Pauly, le président de l’association Loïc Clairet, ainsi que des représentants d’autres festivals, auront sans aucun doute les oreilles qui traînent.
Mais pour le grand public, les Francofolies, ce sont deux soirs de concerts, avec quatre têtes d’affiche : Helena, Jean-Louis Aubert, Jok’Air et Blaiz Fayah. Des choix d’artistes adaptés au public local. "J’échange beaucoup avec le directeur artistique, Pierre Pauly, qui me parle des artistes qui tournent, et moi, je vois si certains pourraient fonctionner ici, explique Chris Tateossian. Il y a des incontournables, comme Jean-Louis Aubert, et puis des artistes plus pointus, comme Jok’Air. Nous essayons de mélanger les esthétiques musicales, la découverte et les valeurs sûres." Jean-Louis Aubert, en tournée depuis 2024 avec son album Pafini, prévient : "Peut-être qu’il y aura une ou deux chansons un peu spéciales pour l’endroit qui vont sortir, j’ai pas mal de titres qui me semblent correspondre. "

Jean-Louis Aubert est l’une des quatre têtes d’affiche du festival. Il était programmé en 2020, mais la pandémie de Covid-19 avait entraîné son annulation. Le chanteur du groupe Téléphone est toutefois déjà venu en Nouvelle-Calédonie il y a 40 ans. Il se souvient avec émotion de rencontres improbables avec un pêcheur, d’une tempête s’était déclenchée en mer alors qu’il se rendait à l’île des Pins, et de sa tentative désespérée d’apprivoiser des requins. Mais surtout, il se souvient de la gentillesse et de l’honnêteté des Calédoniens. "Je sais bien que ça a swingué ces derniers temps, et même si j’ai du mal à contextualiser cela, je pense qu’il y a des mésententes entre gens qui méritent d’être ensemble", glisse avec douceur le chanteur, en référence aux émeutes de mai 2024.
Vendredi 11 septembre : Jean-Louis Aubert, Helena, Guillaume Amarnier et Red Lemons.
Samedi 12 septembre : Jok’Air, Baliz Fayah, Mayura et Kubi.
Au Centre culturel Tjibaou. Tarifs : de 5 100 francs à 20 100 francs. Réservations et infos sur le site officiel des Francofolies de Nouvelle-Calédonie [1].