
David Guyenne voudrait qu’on parle du commerce autrement qu’à travers la vie chère et les magasins qui ferment trop tôt. Vendredi 11 septembre, dans un snack de la place des Cocotiers, à Nouméa, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) a réuni des représentants du gouvernement, de la province Sud et des quatre communes du Grand Nouméa. Et pour lui, le commerce doit être davantage pris en compte dans la reconstruction économique du pays.
À la demande de la CCI, le cabinet d’études AID a analysé les dépenses et les habitudes d’achat des ménages du Grand Nouméa. Entre 2018 et 2026, leur budget moyen d’achats a reculé de près de 20 %. "Il y a un effet cumulatif", relève David Sarrazin, directeur d’AID. Traduction : les départs d’habitants s’ajoutent à la baisse des dépenses. Sur la même période, le chiffre d’affaires du mobilier, de l’électroménager et de la décoration a chuté de 60 %.
En revanche, les sommes consacrées à l’alimentation ont augmenté, mais surtout parce que les prix ont grimpé, précise l’étude. Quant aux achats sur Internet, ils représentent désormais 8 % des dépenses non alimentaires, contre 2 % en 2018.
Deux semaines de visites de commerces et d’échanges avec les élus ont débouché sur soixante-dix propositions. Certaines concernent les horaires. David Sarrazin insiste sur la possibilité d'"avoir accès aux produits également en dehors des horaires d’ouverture", grâce à la livraison ou au retrait de colis chez un autre commerçant. Le cabinet propose également d’associer plusieurs activités dans une boutique, comme une librairie et un café ou une boucherie et un restaurant, et de faire davantage de place aux piétons en centre-ville.
Christopher Gygès a indiqué que les services du gouvernement étudiaient la mise en place de "zones franches commerciales", où les commerces pourraient bénéficier d’allègements fiscaux. Le vice-président du gouvernement, en charge notamment de l’économie, a aussi annoncé des avantages fiscaux pour certains investissements commerciaux et une baisse des droits de douane sur les importations d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Un texte sur la vente hors taxes dans les commerces est "quasiment finalisé", assure-t-il.
Gil Brial, de son côté, a avancé un argument pour expliquer pourquoi le commerce était traditionnellement écarté du code provincial des aides économiques. Avant les émeutes de mai 2024, "c’était un des pans économiques qui vivaient bien", explique le premier vice-président de la Maison Bleue, qui souhaite désormais ouvrir les aides au réaménagement des boutiques et à la rénovation des devantures.
"Les plans d’action doivent maintenant être finalisés et validés", rappelle Dominique Nixon, élue de la CCI chargée du commerce. Les collectivités n’ont présenté vendredi ni le coût global des mesures fiscales ni les conditions qui seront nécessaires pour en bénéficier. Aucune baisse des prix en magasin n’a non plus été annoncée en contrepartie.