
La passion de la terre, le goût de l’effort et le besoin d’être en lien avec la nature. Après avoir vécu dans une grande ville en Métropole pour mes études, je me suis toujours dit que lorsque je rentrerai au pays, ce ne serait pas pour retrouver le même mode de vie. J’avais besoin d’espace, de calme et d’un environnement qui corresponde davantage à mes valeurs. L’agriculture s’est imposée comme une évidence.
J’ai toujours aimé accompagner mon grand-père pendant les vacances scolaires sur sa propriété, au milieu de son bétail et de ses cultures. Je me souviens des heures passées assis dans un tracteur ou sur son bull à observer le moindre détail de ses gestes. Il a éveillé en moi cet attachement profond au monde agricole.
Les récoltes sont des moments particulièrement importants, car elles représentent le fruit de notre travail et constituent la vitrine de notre savoir-faire. Mais ce que je préfère avant tout, c’est le lien que nous entretenons avec notre environnement, cette idée que nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, mais que nous l’empruntons aux générations futures.
En parallèle de mon activité d’agriculteur, je suis enseignant au lycée agricole Michel-Rocard en sciences et techniques de l’aménagement et de l’environnement. Si je n’avais pas été agriculteur et enseignant, j’aurais aimé contribuer à la préservation de nos écosystèmes.
Une exploitation fonctionnelle, respectueuse de l’environnement, qui permette de vivre dignement de son métier.
Mon plus grand défi a toutefois été de trouver du foncier et de financer son acquisition.
J’ai travaillé comme biologiste spécialisé en ornithologie. J’ai notamment eu la chance de participer à des expéditions scientifiques à bord de l’Amborella. Ces missions m’ont conduit sur des sites exceptionnels, comme l’atoll des Chesterfield et les récifs d’Entrecasteaux.
Avec mon épouse, nous avons démarré de zéro, sans foncier à disposition, ni subventions. Tout ce que nous avons construit est le fruit de notre détermination et de notre travail. Et grâce à ma double activité, j’ai aujourd’hui la chance de contribuer, à mon niveau, à nourrir les Calédoniens et, en tant qu’enseignant, à former les générations futures.
Notre capacité d’adaptation et notre résilience face aux nombreux défis, notamment climatiques, seront déterminantes pour les générations futures.
La chambre est un outil dont nous pouvons être fiers. C’est un établissement qui travaille pour les professionnels et qui est piloté par des professionnels. Cela nous engage, en tant qu’élus, à en prendre soin et à veiller en permanence à ce qu’elle reste au service des ressortissants qu’elle représente.
Soyons un peu fous… J’aurais aimé partager un bon repas avec l’un de mes aïeux, arrivé en Nouvelle-Calédonie dans les années 1870 pour cultiver la terre. J’aurais été curieux de connaître sa vision de l’agriculture à son époque et le regard qu’il porterait aujourd’hui sur l’évolution de l’agriculture calédonienne.