Les Nouvelles Calédoniennes
Published on Les Nouvelles Calédoniennes (https://www.lnc.nc)

Accueil > Nouvelle Calédonie > Economie > Manutentions portuaires : des tarifs "peu compétitifs" et une suspicion de pratiques anticoncurrentielles > Manutentions portuaires : des tarifs "peu compétitifs" et une suspicion de pratiques anticoncurrentielles

Manutentions portuaires : des tarifs "peu compétitifs" et une suspicion de pratiques anticoncurrentielles
Baptiste Gouret | Crée le 15.09.2026 à 16h51 | Mis à jour le 15.09.2026 à 16h51

dbc80289d8aa6afc863d80v_00073531.jpg

Le secteur de la manutention portuaire a fait l’objet d’un "examen approfondi" de l’Autorité de la concurrence, qui a rendu son avis ce mardi 15 septembre. Photo Archives LNC / Thierry Perron
Dans un avis publié ce mardi 15 septembre, l’Autorité de la concurrence révèle que les quatre sociétés chargées du chargement et du déchargement des marchandises au port autonome pratiquent des prix 15 % à 20 % plus élevés que dans les autres ports ultramarins, et qu’elles se basent sur une grille tarifaire commune datée de 1991, alors que les tarifs doivent être fixés librement par chaque opérateur.

C’est un secteur particulièrement stratégique pour la Nouvelle-Calédonie, tant son poids dans les importations – dont 95 % arrivent par la mer – est considérable, et son rôle central dans la construction des prix pratiqués localement. La manutention portuaire a fait l’objet d’un "examen approfondi" de l’Autorité de la concurrence (ACNC), qui en a tiré un avis publié ce mardi 15 septembre.

Elle s’est ainsi penchée sur l’activité des quatre sociétés d’acconage basées au port autonome : la Société d’acconage et de transport (SATO), la Société d’acconage territoriale (SAT), la Société générale de manutention portuaire (GNP) et Manutrans. En lien avec les compagnies maritimes, chargées de l’acheminement des marchandises, ces quatre entreprises assurent les opérations de chargement, de déchargement et de manipulation des marchandises à Nouméa.

Deux d’entre elles se détachent : GNP et SATO disposent en effet des parts de marché les plus importantes, tandis que SAT et Manutrans "font face à des difficultés financières et qu’elles disposent de moyens matériels réduits", contraintes de "recourir aux équipements (dont les grues) et au personnel de leurs concurrents pour assurer leurs prestations", note l’ACNC.

Des ententes anticoncurrentielles ?

Mais l’Autorité de la concurrence s’est surtout intéressée aux prix pratiqués par les quatre opérateurs. Elle a ainsi découvert que, si la fixation des tarifs des prestations de manutention est libre et ne fait plus l’objet d’une réglementation depuis 1985, les sociétés d’acconage continuent de se référer à une grille tarifaire élaborée en 1991. Le problème : outre sa probable obsolescence dans un secteur qui a connu de profondes mutations (généralisation de la conteneurisation, évolution des équipements, etc.), "l’utilisation persistante d’une grille commune est susceptible d’atténuer l’autonomie tarifaire des opérateurs et de réduire les incitations des opérateurs à répercuter, dans leurs prix, les gains de productivité ou les différences de coûts".

En d’autres termes, même si les conditions d’une réduction des prix devaient être réunies, cette perspective restera obstruée aussi longtemps que les acconiers se baseront sur ce référentiel. D’autre part, cette pratique est "susceptible d’être sanctionnée comme ententes anticoncurrentielles", prévient l’ACNC, tout en soulignant que son avis n’a pas vocation à l’établir. L’Autorité recommande par conséquent aux quatre sociétés, ainsi qu’aux compagnies maritimes, d’abandonner définitivement cette grille tarifaire, insistant sur "l’importance pour chaque opérateur de définir ses prix selon sa propre stratégie commerciale en tenant compte de sa propre structure des coûts".

Manque de transparence

Ce biais peut-il être tenu responsable des tarifs "peu compétitifs" observés par l’ACNC ? Si l’avis n’établit pas un lien direct, il met toutefois en lumière des prix de prestations de manutention portuaire "supérieurs de 15 % à 20 %" à ceux relevés dans les autres ports ultramarins. L’Autorité de la concurrence note cependant une "qualité supérieure des prestations" à Nouméa.

Enfin, le document pointe un "manque de transparence dans les relations commerciales entre les différents acteurs de la chaîne logistique" du port autonome. Cela s’observe notamment dans les factures produites entre les acconiers et les agences maritimes, sur lesquelles les différentes prestations réalisées ne sont jamais précisées. "Les clients connaissent essentiellement le montant global mis à leur charge et disposent de peu d’informations leur permettant d’en vérifier la contrepartie ou de le négocier", constate l’ACNC, qui recommande aux opérateurs de respecter les règles de facturation et de détailler les prestations réalisées.

MERCI DE VOUS IDENTIFIER
X

Vous devez avoir un compte en ligne sur le site des Nouvelles Calédoniennes pour pouvoir acheter du contenu. Veuillez vous connecter.

J'AI DÉJA UN COMPTE
Saisissez votre nom d'utilisateur pour LNC.nc | Les Nouvelles Calédoniennes
Saisissez le mot de passe correspondant à votre nom d'utilisateur.
Mot de passe oublié ? [1]
JE N'AI PAS DE COMPTE
  • Vous n'avez pas encore de compte ?
  • Créer un nouveau compte [2]

Vous avez besoin d'aide ? Vous souhaitez vous abonner, mais vous n'avez pas de carte bancaire ?
Prenez contact directement avec le service abonnement au (+687) 27 09 65 ou en envoyant un e-mail au service abonnement [3].

Source URL:https://www.lnc.nc/article/manutentions-portuaires-des-tarifs-peu-competitifs-et-une-suspicion-de-pratiques-anticoncurrentielles asdasdasdad

Links
[1] https://www.lnc.nc/user/password [2] https://www.lnc.nc/user/register [3] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements