
Depuis les hauteurs de Dumbéa-sur-Mer, la zone d’aménagement concerté (ZAC) Panda s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares sous les yeux du parterre d’officiels et de chefs d’entreprise, réunis ce mercredi 16 septembre. À la lisière nord, une parcelle de végétation, coincée entre deux pylônes électriques, attire tous les regards. Le terrain de deux hectares accueillera, à partir de 2030, la quatrième compagnie du régiment du Service militaire adapté (RSMA) de Nouvelle-Calédonie.
Quelques heures après l’annonce de l’État [1] de retenir, parmi sept sites à l’étude, cet emplacement pour renforcer les capacités d’accueil du RSMA sur le territoire, l’équipe municipale de Dumbéa a improvisé en fin de matinée une visite de terrain en présence des partenaires du projet.
"C’est une grande fierté et une grande joie", s’est félicitée la maire, Cynthia Jan. Après Bourail, Koné et Koumac, la ville de Dumbéa va ainsi devenir la quatrième commune à disposer d’une compagnie. En réalité, elle sera créée dès février 2027, avec "une première cohorte" de vingt volontaires formés au métier de matelot et accueillis au Centre international sport et expertise (Cise) de Koutio, mis à disposition par le Comité territorial olympique et sportif (CTOS) le temps de la construction. La compagnie montera en puissance progressivement jusqu’à atteindre 100 volontaires à l’ouverture des locaux à Panda, selon la maire.

"C’était une grosse attente, parce que l’agglomération en était dépourvue", note Cynthia Jan. Cette implantation dans le Grand Nouméa faisait partie des "rares sujets ayant fait consensus" lors des discussions à Bougival, auxquelles Cynthia Jan a participé en juillet 2025. En décembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait confirmé le projet, en l’inscrivant dans le quatrième pilier du pacte de refondation économique et sociale, doté d’une enveloppe de 8 milliards de francs pour financer un programme de lutte contre le décrochage scolaire.
Les quatre communes de l’agglomération étaient toutes candidates à l’accueil d’une telle infrastructure sur leurs territoires. Plusieurs paramètres expliquent le choix de l’État de retenir le terrain de la ZAC Panda : sa situation géographique, la présence de nombreuses entreprises à proximité et la possibilité de réaliser des extensions si nécessaire. "Je pense que ce qui a également joué, c’est l’implication des différents acteurs de terrain", juge Cynthia Jan.
À commencer par le tissu économique de Panda. "Pour nous, ça représente un dynamisme et un certain rayonnement de la zone, témoigne Mathieu Odaimy président de l’association des entreprises de la ZAC Panda. En contrepartie, on s’engage à faciliter au maximum l’insertion des jeunes." La zone compte pas moins de 190 entreprises couvrant "tous les secteurs d’activité". Le clan Waka, propriétaire du foncier coutumier de Dumbéa-sur-Mer, s’est lui aussi montré enthousiaste. "C’est très bien pour notre jeunesse", estime Eugène Togna, qui avait fait le déplacement ce mercredi matin.

Ce chantier représente également une aubaine pour la Secal. Chargée de l’aménagement de la ZAC Panda, achevée à 60 %, elle avait mis sur pause la poursuite de l’opération à la suite des émeutes. La construction des locaux du RSMA sera le point de départ du lancement de la quatrième tranche de travaux, soit "quatre milliards d’investissements à venir", a indiqué Léa Tripodi, membre du conseil d’administration de la Secal, qui y voit "le signe d’une relance économique".